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La La La Human Steps (Québec)
Chorégraphe : Édouard Lock
Une coprésentation Festival Montréal en lumière et Danse Danse

Amelia
13, 14, 15, 16 février 2003
Place des Arts

Les spectacles d’Édouard Lock s’avèrent toujours des événements incontournables de la scène culturelle. Sa nouvelle création pour neuf danseurs ne fera pas exception! Vitesse affolante, altération des corps, éclairages sculptant à même les corps, utilisation de la technique sur pointes et, bien sûr, projections filmiques inventives: tels sont les principaux éléments de cette nouvelle œuvre dont la première mondiale aura lieu en août 2002 au LG Arts Center de Séoul, l’un des coproducteurs du spectacle. La pièce sera par la suite présentée en tournée en Europe, au Canada, aux États-Unis, au Japon et en Amérique du Sud.

Ce nouveau spectacle réunira le scénographe Stéphane Roy, les compositeurs David Lang et Alain Thibault, le concepteur d'éclairages John Munro et la designer Liz Vandal (costumes féminins).

Fascinant, sombre et insaisissable, Édouard Lock déverse son immense talent sur les scènes du monde depuis les années 1980. Après avoir fait ses débuts avec la troupe Nouvelle Aire, creuset de nombreuses figures marquantes de la danse contemporaine internationale, il fonde Lock-Danseurs en 1980, qui deviendra la mythique troupe La La La Human Steps. Dès ses premiers spectacles, Lily Marlène dans la jungle, Oranges et Businessman in Process of Becoming an Angel, Lock et sa troupe, récoltent prix et éloges: le public, lui, «(…) reste sans voix, fasciné, effrayé, amusé.» Munchner Merkur, Munich. Mais c'est avec Human Sex en 1985, véritable secousse tellurique qui vient ébranler la danse contemporaine, que la réputation de La La La Human Steps se répand, traverse océans et frontières. Human Sex, lauréate d'un Prix Bessie, est à l'origine de ce qui fera la renommée du travail d'Édouard Lock: vitesse, complexité, démesure. Suivront New Demons, présenté comme spectacle d'ouverture du deuxième Festival international de nouvelle danse à Montréal, et Infante, c'est destroy, créé au Théâtre de la Ville de Paris en 1991. En 1995, la prestigieuse salle parisienne présente en première mondiale 2, œuvre sur le passage du temps et la finalité de l'existence, entièrement portée par celle qui fut pendant 18 ans la figure emblématique de la compagnie: Louise Lecavalier.

«Aujourd'hui, (…) il met à contribution les pointes rigides des ballerines traditionnelles, insérées cependant dans une dynamique violemment antiballet. (…) Exténuantes et fascinantes (les ballerine), happées dans des tourbillons si frénétiques que le spectateur perd la notion de leur poids et de leur épaisseur.» La Repubblica.

La fulgurance du travail d'Édouard Lock réside dans sa force créatrice exceptionnelle et multiforme, mais également dans sa manière personnelle de diriger ses danseurs, contraints de côtoyer l'abîme. «Je n'aime pas que mes interprètes soient en contrôle absolu de leurs gestes. Parce que plus le public ressent que le danseur maîtrise ses mouvements, moins il craint de le voir chuter; donc, moins il s'investit émotionnellement. L'idée est d'amener mes danseurs dans cette zone grise où ils se mettent à communiquer quelque chose de fort parce qu'il y a un potentiel d'échec», confiait-il au magazine Elle Québec en mars 1999. Au cours de ce même mois de mars, il tenait les propos suivants dans les lignes du magazine Les Inkoruptibles: «(…) d'autre part, l'effort physique qui leur est demandé affecte le mouvement. La relation est donc extrêmement subtile. De toute façon, la danse est une torture et la réussite d'un spectacle ne tient à rien. Il m'est arrivé de voir deux fois de suite la même version de mes spectacles, et pourtant, dans un cas, la soirée était réussie, dans l'autre, totalement ratée. La difficulté tient à ce que l'on doit contrôler au plus près le matériel chorégraphique tout en ayant une relation passionnelle avec le public. On place donc les danseurs – et leur ego – au bord du contrôle, dans une situation où les conséquences psychologiques et émotionnelles ne poussent pas à la stabilité»

On peut dire cependant que le succès de La La La Human Steps, lui, est stable. À ce jour, plus de 135 villes dans une vingtaine de pays et 45 festivals ont accueilli la compagnie. Édouard Lock a également créé pour le Nederlands Dans Theater, l'Opéra de Paris et Les Grands Ballets Canadiens de Montréal. Par ailleurs, il a été directeur artistique et coconcepteur de la tournée mondiale Sound and Vision de David Bowie en 1989 et a réalisé tous les films de cette production. En 1992, Édouard Lock et La La La Human Steps prennent part au concert The Yellow Shark, conçu et composé par Frank Zappa pour l'Ensemble Modern d'Allemagne, présenté à l'Alte Oper de Francfort, à la Philharmonie de Berlin et au Konzerthaus de Vienne.

En plus des nombreuses émissions de télévision auxquelles Lock et sa compagnie prennent part en Europe, en Amérique et au Japon, Édouard Lock participe au documentaire Inspirations du Britannique Michael Apted, portant sur le processus créateur d'artistes de différentes disciplines, notamment Roy Lichtenstein et Tadao Ando. Aussi, le cinéaste Bernar Hébert réalise en 1987 Human Sex no 1, couronné de six prix internationaux, Le Petit Musée de Velasquez en 1994 et Infante, diffusé à Radio-Canada en 1996.

«D'ailleurs, disait Édouard Lock, le cinéma et la danse me semblent très proches. Le chorégraphe comme le cinéaste ont à choisir des angles de vue, ils utilisent tous deux à leur manière des effets de zoom ou de gros plan, et puis ils explorent à travers le montage une relation dynamique à l'image.» Les Inkoruptibles

Enfin, les œuvres photographiques qu'Édouard Lock a réalisées dans le cadre de chacune de ses productions ont fait l'objet de plusieurs expositions à travers le monde.

Cette nouvelle création d’Édouard Lock est une coproduction du LG Arts Center (Séoul), du Théâtre de la Ville (Paris), du Internationale Tanzwochen Wien (Vienne), du Centre national des Arts (Ottawa), du Het Musiektheater (Amsterdam), de De Singel (Anvers), de Léonard De Vinci / Opéra de Rouen et du Festival Montréal en lumière (Montréal).

Avril 2002

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