Eastmanvzw  

Eastmanvzw


BABEL(words)
Sidi larbi cherkaoui + Damien Jalet

29. 30. SEPT., 1. OCT. 2011, à 20 h
THÉÂTRE MAISONNEUVE

 

« Cherkaoui me renverse : il a la capacité remarquable de faire cohabiter spiritualité transcendante et salutaire truculence, de défier l’esprit tout en engageant les émotions, et d’aborder les grandes questions en évitant soigneusement d’être pompeux ou prétentieux. » (britishtheatreguide.info)

Babel (Word)  

photo © Koen Broos, Interprètes, arriere plan de gauche a droite : Navala Chaudhari, Francis Ducharme,
Moya Michael; 2ieme PLan : Ulrika Kinn Svensson. Avantplan : Kazutomi Kozuki

 

Après nous avoir régalé avec des œuvres comme Sutra et Loin (Ballet du Grand Théâtre de Genève), Sidi Larbi Cherkaoui nous revient avec Babel(words), conclusion de la trilogie sur la quête religieuse et identitaire amorcée avec Foi (2003) et Myth (2007), également présentées par Danse Danse. Avec ses très talentueux complices, le chorégraphe Damien Jalet et le plasticien Antony Gormley (Sutra), le créateur belgo-marocain s’empare du symbole par excellence du chaos pour en extraire une possibilité d’harmonie. Avec une distribution digne du Concert des nations, 18 danseurs et musiciens représentant 13 pays et 7 religions, « sa » Babel(words) s’élève sur une splendide trame musicale où s’entremêlent percussions japonaises, harpe, chants polyphoniques médiévaux (magnifiques Patrizcia Bovi et Christine Leboutte) et rythmes de l’Inde et du Moyen-Orient. En ce début de siècle déchiré entre la tentation de la globalisation et les ardeurs nationalistes, « Babel(words) a la séduction des pièces qui tombent à propos […], la force d’un manifeste poétique, […] une hybridité intelligente en guise de bannière ». (Le Temps, Genève)

« Avec Jalet, Cherkaoui franchit ici un pas de plus dans l’étude des éléments de base de notre humanité. […] Si un seul message ressort, c’est que le non-verbal, ce lieu où les corps parlent plus vrai que les mots, constitue notre authentique voie de communication. Avec toutes ses nuances stylistiques, la danse a plus de pouvoir que le dialogue. » (thetime.co.uk)

Babel(words)

Présentée en première mondiale fin avril 2010 au Cirque Royal (La Monnaie) de Bruxelles, Babel(words) part du récit de la Genèse, de cet instant précis où Dieu décide de punir les hommes qui, gonflés d’orgueil, ont voulu ériger une tour qui devait atteindre le ciel : la mythique tour de Babel. Pour ruiner l’entreprise, il introduit plusieurs langues dans ce groupe jusque-là unilingue. Les gens ne se comprennent plus; le chaos et la discorde s’installent.

Les chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet – déjà collaborateurs dans Foi et Myth – ont ici fait appel à une distribution internationale. À même cet échantillon d’identités et de cultures, ils ont façonné une œuvre où, selon le dramaturge de Babel(words), Lou Cope, « le langage est à la fois verbe et mouvement, il unit et divise, il rend la communication à la fois possible et impossible, et il est chargé de sens tout en étant profondément insignifiant. […] Le voyage de Sidi Larbi Cherkaoui et de Damien Jalet a en effet été amorcé par leur profonde “foi en la conviction qu’il existe quelque chose d’important” et leur quête commune de ce que pourrait être ce quelque chose. En cours de réalisation, le spectacle a révélé à ses créateurs que leur travail renversait la tour de Babel : l’important n’était pas la multiplicité extérieure de nos différences (régionales, spirituelles, linguistiques, physiques...), mais le lien sous-jacent qui nous unit plus qu’il nous divise, à savoir les responsabilités que nous partageons tous. »

Babel(words) est judicieusement servie par la scénographie d’Antony Gormley, dont on avait pu admirer le génie à travers les boîtes qu’il avait créées pour Sutra. Ses cadres d’aluminium tridimensionnels se métamorphosent au gré des scènes pour représenter ici des divisions géopolitiques, là, des territoires intimes. Ils s’emboîtent, s’empilent, se déploient, se font tour, barrière, refuge. Ils sont le fruit de nos pensées.

« Pendant la première partie de la performance, j’ai été renversé par l’ingéniosité d’Antony Gormley, qui a conçu ces cinq boîtes transparentes en aluminium. J’avais l’impression de regarder quelqu’un jouer avec un énorme cube Rubik chaque fois que les danseurs inventaient de nouvelles formes et manières d’emboîter les boîtes. » (utopiaparkway.worldpress.com)

Interprétée en direct, la musique est tout aussi importante que le mouvement et le texte dans Babel(words). Splendide et éclectique, l’univers musical inclut notamment des chants polyphoniques médiévaux avec Christine Leboutte et Patriza Bovi (Micrologus), dont on a pu entendre la voix enchanteresse dans Myth, de la musique traditionnelle turque, de la musique indienne et du kodo japonais.

« Les chants et tambours inquiétants de Patrizia Bovi et Mahabub Khan nous mettent en présence d’une suite multiculturelle allant des chants scandés soufis aux percussions japonaises. »(Victoria Park, Londres)

« Ce qu’on entend aussi, presque dans la continuité, ce sont des voix de femmes, un Moyen Âge en or dans la bouche, un de ces chants où la tristesse est miel; sur cette coulée, les cinq cadres se mettent à tourner, poussés par les danseurs et ce carrousel est l’image même de l’harmonie. » (Le Temps, Genève)

Damien Jalet, Co-chorégraphe

Après des études de théâtre à l’INSAS à Bruxelles, le Franco-Belge Damien Jalet se tourne vers la danse contemporaine, qu’il étudiera en Belgique et à New York. Sa carrière de danseur démarre avec Wim Vandekeybus (The Day of Heaven and Hell) en 1998. En 2000, il amorce une intense collaboration avec Sidi Larbi Cherkaoui au sein de la compagnie Les Ballets C. de la B. Ensemble, ils créent Rien de rien (2000), Foi (2003), Tempus Fugit (2004) et Myth (2007). Jalet a également créé D’avant (2002) en collaboration avec Cherkaoui, le Québécois Luc Dunberry et Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola; la pièce figure au répertoire de la compagnie Sasha Waltz & Guests.

En 2005, Damien Jalet coréalise, avec Erna Ómarsdóttir et Dumspiro, le court métrage The Unclear Age. Puis, avec Erna Ómarsdóttir, Gabriela Fridriksdóttir et Raven, il chorégraphie Ofaett (Unborn) pour le Théâtre National de Bretagne. Suivra la création, avec Sidi Larbi Cherkaoui, de « La Belgique danse » pour les festivités du 175e anniversaire de la Belgique; la pièce, un véritable happening, est dansée simultanément par 30 000 personnes dans 12 villes belges.

En 2006, Damien Jalet crée le duo Aleko pour le Musée d’art contemporain d’Aomori, au Japon, avec Sidi Larbi Cherkaoui et Alexandra Gilbert. Puis, il fait un détour au théâtre avec le metteur en scène Arthur Nauzyciel et l’actrice Anne Brochet pour la création de L’Image (Beckett), dont le centenaire était célébré à Dublin. La pièce a pris l’affiche en Europe et à New York, avec l’actrice Lou Doillon.

Le philosophe Giorgio Agemben invite Damien Jalet à créer la chorégraphie de l’opéra contemporain de Stefano Scodanibbio, Il Cielo sulla, pour le Staatsoper de Stuttgart.

En 2008, avec Nick Knight et le designer Bernhard Willhelm, il collabore à la vidéo Men in Tights pour la collection 2008-2009 de Willhelm. Il signe ensuite les chorégraphies Julius Caesar (Boston) et Ordet (Avignon), deux œuvres de Nauzyciel. En mars 2008, il créé Three Spells pour le Tokyo International Arts Festival, accompagné en direct par le compositeur électro-acousticien Christian Fennesz. Il assiste également Cherkaoui pour les créations d’In Memoriam (Les Ballets de Monte-Carlo), Loin (Ballet du Grand Théâtre de Genève), End (Ballet Cullberg) et Sutra.

En 2009, il joue dans la pièce de théâtre de Marie Darrieussecq, Le Musée de la mer, dans une mise en scène de Nauzyciel pour le Théâtre national d’Islande, à Reykjavik. Avec Erna Ómarsdóttir et la plasticienne Gabriela Fridriksdóttir, il cosigne la mise en scène de Transaquania – Out of the Blue pour l’Icelandic Dance Company, ainsi que Black Marrow avec Ómarsdóttir pour la compagnie australienne Chunky Move. Damien Jalet a chorégraphié et dansé dans la vidéo You Don’t Know Love des Editors,filmée par le cinéaste Christopher Doyle et réalisée par Arni et Kinski.

Sidi Larbi Cherkaoui, Co-chorégraphe, directeur artistique d’Eastman vzw

Né à Anvers en 1976 d’une mère flamande et d’un père marocain, le danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui crée sa première œuvre en 1999, Anonymous Society, une « comédie musicale contemporaine » sur la musique de Jacques Brel. Cette production remporte différents prix, dont les prix Fringe First et Total Theatre à Édimbourg, ainsi que le prix Barclay Theatre à Londres.

Sidi Larbi Cherkaoui  

photo © Koen Broos

 

En 2000, au sein des Ballets C. de la B., il crée Rien de rien, une chorégraphie présentée partout en Europe, qui remporte le prix spécial du BITEF Festival de Belgrade. Pour ce spectacle, il collabore pour une première fois avec Damien Jalet, qui l’initie aux chants traditionnels italiens, une influence qui marquera nettement ses créations suivantes. Les 6 danseurs, dont l’âge varie entre 16 et 60 ans, maîtrisent une variété presque aussi grande de styles que de techniques de danse, du ballet classique à la danse de salon en passant par la gestuelle que nous pratiquons tous en parlant. Pour Sidi Larbi Cherkaoui, ce sont là des sources tout aussi dignes d’inspiration pour un langage contemporain de la danse. Cet éclectisme correspond parfaitement aux thèmes qui lui tiennent à cœur : l’égalité entre les individus, les cultures, les langues et les moyens d’expression. Rien de rien effectue une tournée marathon et lui vaut, en 2002, le prix réservé aux chorégraphes prometteurs lors de la remise des prix Nijinski à Monte-Carlo.
En juillet 2002, il participe au volet Le Vif du Sujet du Festival d’Avignon et y danse It, dans une mise en scène de Wim Vandekeybus. Le point de départ de ce solo est une nouvelle de Paul Bowles. It fusionne les gestuelles très spécifiques des deux chorégraphes.

« Cherkaoui nous sort le grand jeu. Son corps semble déraciné et inaccessible. Lorsque son pied vient frapper sa tête, le haut de son corps semble ignorer qu’il a une partie inférieure. Ce corps se bat avec lui-même, jongle avec l’air entre ses mains, se contorsionne en un millier de courbes. » (De Standaard, Belgique)

À l’automne 2002, avec Damien Jalet et quelques danseurs de Sasha Waltz, il crée D’avant pour la Schaubühne am Lehniner Platz de Berlin, un spectacle qui allie le chant médiéval du XIIIe siècle à la danse contemporaine. D’avant est un spectacle très physique qui, dans une mosaïque de styles, parvient à faire se conjuguer légèreté et relativisation avec des phénomènes sociaux importants comme le fanatisme, la violence physique et l’indifférence morale.

En mars 2003, il poursuit sa quête des relations croisées entre la danse et la musique (chantée) dans Foi, un spectacle sur la force de la croyance, dans lequel la musique Ars Nova du XIVe siècle (interprétée par l’ensemble Capilla Flamenca) rencontre les chants traditionnels interprétés par Christine Leboutte, Damien Jalet, Joanna Dudley et les danseurs. Deux manières de raconter l’histoire et ses mythes et de les transmettre à la génération suivante. Ce spectacle, présenté à Danse Danse en mai 2003, a reçu le prix Movimentos à Wolfsburg, en Allemagne.

En juillet 2004, à la demande du Festival d’Avignon, Cherkaoui présente un nouveau projet avec Les Ballets C. de la B. intitulé Tempus Fugit, où il remet en question l’absoluité apparente du temps. Car même si le monde entier paraît avoir une notion identique du temps, son vécu est ressenti et interprété différemment dans les diverses cultures. Dans Tempus Fugit, 15 « interprètes », issus d’à peu près tous les coins du monde, explorent leur propre passé culturel. Chacun d’eux tente d’avoir prise sur le temps, ce qui se traduit dans la danse par une divergence de rythmes et de vitesses d’exécution. L’œuvre met l’accent sur les mondes de la Méditerranée, de l’Arabie, de l’Afrique centrale et sur leurs relations mutuelles. En décembre 2004, Cherkaoui présente In Memoriam aux Ballets de Monte-Carlo. Pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève, il chorégraphie Loin – la première a lieu en avril 2005 –, pièce présentée à Danse Danse en février 2009.

Toujours en 2005, Cherkaoui collabore pour la première fois avec Akram Khan. Ensemble, ils créent et dansent le spectacle zero degrees, qui aborde l’impact du mélange de leurs passés culturels respectifs. zero degrees est sélectionné pour le prix Laurence Olivier en 2006 et remporte ensuite deux prix Helpmann en Australie en 2007. Antony Gormley signe la scénographie de ce duo. Pour België danst, l’édition spéciale du Bal Moderne qui s’est déroulée en plein air simultanément dans 12 villes européennes le 16 juillet 2005, Sidi Larbi Cherkaoui crée une nouvelle chorégraphie avec Damien Jalet, Ik hou van jou/je t’aime tu sais, sur une musique de Noordkaap et Marie Daulne.

En 2006, le directeur artistique de la Toneelhuis d’Anvers, Guy Cassiers, l’invite à se joindre aux artistes en résidence de l’organisme. Pour la Toneelhuis, il crée Myth en 2007, le deuxième volet de sa quête identitaire et religieuse, qui inaugure par ailleurs la saison 2008-2009 de Danse Danse. Toujours en 2006, Sidi Larbi Cherkaoui et Nicolas Vladyslav explorent la force théâtrale des Suites pour violoncelle de Bach dans Corpus Bach. Il retourne également à Monaco, où il monte Mea Culpa, une nouvelle chorégraphie pour les Ballets de Monte-Carlo. Créée en avril 2006, Mea Culpa se penche sur les relations entre l’Europe et l’Afrique et est marquée par les nombreuses questions que Cherkaoui, qui vient alors d’avoir 30 ans, se pose sur sa vie et son œuvre chorégraphique. En août 2006, il se rend au festival Théâtre et Danse de Göteborg pour la première de sa nouvelle création, End, un spectacle qu’il monte alors que la guerre fait rage entre Israël et le Hezbollah au Liban. End porte clairement les stigmates de ce conflit.

Bien que les pièces de son répertoire soient très en demande, Sidi Larbi Cherkaoui combine leur présentation avec la création de nouvelles productions. En mai 2007, le public de l’imposant – et nouvel – opéra de Copenhague se montre particulièrement enthousiaste pour L’Homme de bois, une chorégraphie de Cherkaoui créée pour 18 danseurs du Royal Danish Ballet sur une musique de Stravinsky. Il accepte par ailleurs l’invitation de Guy Cassiers à participer, avec les autres créateurs de la Toneelhuis, à un périple théâtral à travers tout le théâtre Bourla, inspiré du livre Une histoire du monde en 10 chapitres et demi de Julian Barnes. À la demande du Musée de l’immigration à Paris, Sidi Larbi Cherkaoui conçoit, avec le photographe et cinéaste Gilles Delmas, une nouvelle installation vidéo, Zon-Mai : cette construction remarquable a la forme d’une maison sur les façades et le toit de laquelle sont projetées des images de danseurs exprimant leur personnalité par leur danse, dans l’intimité de leur propre intérieur.

En septembre 2007 a lieu la première d’Apocrifu, une commande du théâtre de La Monnaie à Bruxelles. Apocrifu est une rencontre musicale avec l’ensemble polyphonique corse A Filetta. Sa musique constitue la trame sur laquelle Cherkaoui tisse sa nouvelle création, dans laquelle il danse aussi. Dans une scène clé d’Apocrifu, on voit les trois danseurs, soudés en un monstre tricéphale, lire à tour de rôle des passages du Talmud, du Coran et de la Bible. Le message de Cherkaoui : la différence entre apocryphe et canonique relève plus d’une question de perspective et d’autorité que de teneur ou de valeur en soi. Ainsi, le chorégraphe touche de manière ludique à une thématique plus large, qui est depuis longtemps sa marque de fabrique : l’équivalence intrinsèque entre les différentes cultures et visions religieuses.

Cette thématique se retrouve également dans la production Origine, une coproduction de la Toneelhuis et du Muziekcentrum De Bijloke (Gand) présentée en première mondiale à Gand en janvier 2008, dans laquelle il réunit quatre danseurs – deux hommes et deux femmes, chacun venu d’un coin du monde différent – avec l’Ensemble Sarband. Une fois de plus, Cherkaoui, optant pour une perspective singulière de la transmission musicale, façonne une chorégraphie qui aborde de manière subtile des thèmes politiques actuels. Bien que de façon ludique, il évoque indéniablement des thèmes comme l’immigration, l’aliénation et la consommation à outrance, pour ensuite les abandonner et les transformer en un vocabulaire gestuel de plus en plus abstrait.

Peu de temps après, Sidi Larbi Cherkaoui crée Sutra, en collaboration avec l’artiste plasticien Antony Gormley, le compositeur Szymon Brzóska et les moines du temple chinois de Shaolin, dans le théâtre Sadler’s Wells, à Londres. Le spectacle était coté cinq étoiles par The Guardian et The Times et a fait l’objet d’une importante tournée européenne et nord-américaine au cours la saison, incluant un passage à Danse Danse en novembre 2009.
En juillet 2009, la compagnie new-yorkaise Cedar Lake Contemporary Ballet crée Orbo Novo (Nouveau monde), sur une musique de Szymon Brzóska. Cherkaoui chorégraphie ensuite Faun, un duo commandé par le Sadler’s Wells, une vision contemporaine du Faunede Nijinski.

En janvier 2010, Sidi Larbi Cherkaoui fonde Eastman vzw, sa nouvelle compagnie, qui sera par ailleurs en résidence à la Toneelhuis jusqu’à la fin de 2012. Dès son établissement, Eastman reprend Foi et, au printemps, crée Babel(words).

Cherkaoui sera ensuite invité à chorégraphier pour Das Rheingold, la première partie du cycle opératique Der Ring des Nibelungen de Richard Wagner, mis en scène par Guy Cassiers à la Scala de Milan et au Staatsoper unter den Linden de Berlin. Le chorégraphe enchaîne avec la création de Play (première mondiale au deSingel d’Anvers), un nouveau duo qu’il danse avec la formidable Shantala Shivalingappa, danseuse que le public de Danse Danse aura la chance de découvrir au cours de la saison 2011-2012.

Avril 2011 verra la recréation, à la Toneelhuis, de la pièce It, que Cherkaoui avait montée avec Wim Vandekeybus en 2002, et qui s’intitulera maintenant It 3.0. En juin 2011 suivra une nouvelle chorégraphie avec le Nationale Ballet d’Amsterdam, sur la musique de Szymon Brzóska.

Sidi Larbi Cherkaoui est lauréat du Kairos-Preis 2009. Cette distinction est décernée chaque année par la Alfred Toepfer Stiftung de Hambourg à « une personnalité créative qui donne une importante impulsion à l’art et à la culture en Europe ».

Antony Gormley

Sculpteur né à Londres en 1950, Antony Gormley est l’auteur d’une œuvre amorcée il y a plus de 25 ans et maintes fois couronnée de prestigieuses récompenses. Il est, entre autres, lauréat du prix Turner (1994) et membre de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus à la sculpture. Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions dans des musées et galeries tels la Whitechapel Art Gallery, la Tate Gallery, le British Museum, le White Cube, le Louisiana Museum à Humlebaek, la Corcoran Gallery of Art à Washington, l’Irish Museum of Modern Art de Dublin, le Kölnischer Kunstverein en Allemagne, la Biennale de Venise, la Kassel Documenta 8, ainsi que dans plusieurs autres prestigieuses institutions en Europe, en Scandinavie, au Japon et en Australie. Ses œuvres Angel of the North et Quantum Cloud sur la rivière Thames à Greenwich sont parmi les plus célèbres exemples de la sculpture anglaise contemporaine.

Gormley centre sa recherche sur le corps en tant que lieu de mémoire et de transformation. Nombre de ses pièces, d’abord moulées dans du plâtre puis coulées de fer ou de plomb, sont basées sur son propre corps. À partir des années 1990, ses préoccupations artistiques s’élargissent pour inclure la condition humaine, le corps collectif et la relation entre le soi et l’autre dans des installations à grande échelle, telles qu’Allotment, Critical Mass, Another Place, Domain Field, Inside Australia et Blind Light, inaugurée à la Hayward Gallery au printemps 2007.

Enfin, parmi ses plus récents projets et expositions, mentionnons Event Horizon New York, où ses sculptures, des silhouettes de bronze moulées à partir de son corps, étaient disséminées dans Manhattan, notamment perchées sur des édifices. À titre anecdotique, mentionnons que celles-ci ont à l’occasion provoqué beaucoup d’émoi chez les passants, qui les ont confondues momentanément avec des individus désespérés, prêts à sauter dans le vide.

Pour en connaître davantage sur Antony Gormley, visitez son site, www.antonygormley.com.

Durée 1 h 40

Crédits
Chorégraphes
Damien Jalet et Sidi Larbi Cherkaoui • Décor Antony Gormley • Assistant chorégraphe Nienke Reehorst • Costumes Alexandra Gilbert • Lumières Adam Carrée. Textes Lou Cope • Interprèté parNavala Chaudhari, Francis Ducharme, Darryl E. Woods, Damien Fournier, Ben Fury, Paea Leach, Christine Leboutte, Ulrika Kinn Svensso, Kazutomi Kozuki, Sandra Delgadillo Porcel (Moya Michael), Igal Furman (Helder Seabra), Mohamed Toukabri (Jon Filip Fahlstrom), Paul Zivkovich (James O'Hara) • Musique Patrizia Bovi, Mahabub Khan, Sattar Khan, Gabriele Miracle and Kazunari Abe (Shogo Yoshii) • Consultant en musique turque traditionnelle : Fahrettin Yarkin • Techniciens Sharp, Bert Van Dijck, Bart Van Hoydonck (SLP), Mathias Batsleer (SLP), Jens Drieghe (SLP), Kim Rens (SLP) • Habilleuse Elisabeth Kinn Svensson • Directeur de production Maarten Verbeuren • Directrice de tournée Sofie De Schutter • Assistant à la direction de production Lies Doms • Directrice exécutive Karen Feys

Remerciements à Asano Taiko (Japon), Marek Pomocki, Seniz Karaman, Raad van Besturr (Eastman), De munt, Lise Uytterhoeven, Assaf Hochman, Casey Spooner, Alistair Wilson (Push 4), Antony Gormley studios, Juliette Van Peteghem, Milan “Mino” Herich, Sven Bahat, Hisashi Itoh, Kodo Ensemble (Melanie Taylor), Rakesh Mps, Karthika Nair, Frederick Verrote.

Production Eastman vzw and Theatre royal de la Monnaie • Coproducteurs Fondation d'entreprise Hermès, Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette (Paris), Sadler’s Wells (Londres), Theaterfestival Boulevard (Den Bosch, Pays-Bas), Festspielhaus (St. Pölten), Grand Théâtre du Luxembourg, International Dance festival Switzerland - Migros Culture Percentage, Fondazione Musica per Roma (Rome) et les Ludwigsburger Schlossfestspiele (Allemagne). Babel (words)  est soutenu par Dash Arts 2010 séries arabes.

Eastman vzw est une compagnie résidente à Toneelhuis (Anvers) et partenaire de DeSingel, campus d’art international (Anvers) avec le soutien de Asano Taiko. Avec le soutien de Garrick Charitable Trust et des autorités flamandes.

  Hyperliens
www.east-man.be
fr.wikipedia.org
www.youtube.com
en.wikipedia.org
www.sculpture.org.uk

HAUT