Gallotta/Gainsbourg/Bashung

 

Chorégraphie de Jean-Claude Gallotta.
Paroles et musiques originales de
Serge Gainsbourg.
Dans une version enregistrée pour ce spectacle par
Alain Bashung

« Ils sont quatorze en jeans et chemise, parfois torse nu ou soutien-gorge de dentelle noire, À figurer À tour de rÔle les hÉros du drame sanglant, À aimer l’amour et le sexe jusqu’À en mourir. […] La trinitÉ Gallotta, Gainsbourg, Bashung nous a promenÉs, entre les corps et les voix, violence et douceur, dans les abîmes du dÉsir et de la jalousie. » (TÉlÉrama, Paris)

Pionnier de la danse contemporaine française, Jean-Claude Gallotta s’acoquine avec deux grands voyous de la chanson pour donner corps et danse à L’Homme à tête de chou. Poème chorégraphique et symphonique aux accents seventies, L’Homme à tête de chou emprunte à Serge Gainsbourg le récit fictif du journaliste à scandales tombé amoureux de Marilou. La belle infidèle le rendra fou, au point où elle finira sous les coups du scribouillard jaloux. Sur un plateau nu, Gallotta met en scène ce conte d’amour à mort en un long retour en arrière. Quatorze danseurs électrisants endossent sans retenue les chansons du fameux album de Gainsbourg, réorchestrées par Denis Clavaziolle et chantées sur bande par Alain Bashung. En noir et bleu pétrole.

Gallotta/Gainsbourg/Bashung« Les danseurs sont magnifiques. D’une Énergie foudroyante, ils dÉvorent l’espace avec un appÉtit de fauves. […] La chorÉgraphie est sÉduisante, enlevÉe, efficace, reconnaissable entre toutes : du Gallotta pur jus. » (Le Nouvel Observateur, Paris)

« Passion obsessionnelle, provocations sexuelles, onanisme, meurtre, fantÔmes. Gallotta illustre tout sans aucun accessoire que la danse. […] Gainsbourg possÉdait une force poÉtique et charnelle qui autorisait tout. […] L’Élan des danseurs et Bashung, voix de miel et d’airain, balaient toutes les rÉserves. » (Le Figaro, Paris)

L’Homme À tÊte de chou
Depuis la première du spectacle au Centre chorégraphique national de Grenoble le 12 novembre 2009, L’Homme à tête de chou a été applaudi dans une dizaine de villes françaises et fera l'objet d'une immense tournée en France et Belgique en 2010-2011. Le public craque inévitablement pour cette histoire de basculement dans la folie, qui est aussi marquée par l’absence. Absence de Gainsbourg évidemment, mais aussi de Bashung, qui devait partager la scène avec les danseurs et interpréter les chansons en direct. Le destin en a voulu autrement. Emporté par un cancer du poumon, Bashung est allé rejoindre Gainsbourg en mars 2009. Mais la chaise sur laquelle il se déplaçait au cours des répétitions est toujours là. Au début de chaque spectacle, on la retire doucement de la scène, émouvant salut au disparu. Le spectacle reste cependant un cri de désir, une folle envie de durer. « Vivant, envers et contre tout. Comme une conversation qui se poursuit; inextinguible pulsion de vie. » (Le Journal du dimanche, Paris)

« La chorÉgraphie se nourrit directement des audaces musicales de Gainsbourg. Jean-Claude Gallotta dÉcline cette palette rythmique avec son vocabulaire chorÉgraphique personnel, Élans vigoureux, bras amples et chassÉs effrÉnÉs. […] Il se rÉgale d’effets de groupe et offre de trÈs belles variations intimistes. Un spectacle À l’Énergie rayonnante. » (La Croix, Paris)

Gallotta/Gainsbourg/BashungParents, artistiquement parlant
Dans un entretien avec Claude-Henri Buffard, Jean-Claude Gallotta parle de ses affinités avec Serge Gainsbourg et Alain Bashung et de son approche chorégraphique pour la création de L’Homme à tête de chou. « Gainsbourg et Bashung faisaient partie des artistes qui m’ont nourri. Je les fréquente musicalement depuis toujours. De tout  temps, à ma mesure, je me suis senti appartenir à cette famille d’artistes, ceux qui essaient de maintenir une exigence artistique tout en s’adressant à un public large. […]

C’est la même famille musicale, la même famille éthique si j’ose dire : l’élégance morale, l’exigence artistique, l’inspiration parcourue de sombre et d’ironie. […] Bashung avait un infini respect pour Gainsbourg, à la fois pour ce qu’il a apporté à la chanson française et pour le style de l’homme, ce que j’appelais son insolence, sa désespérance élégante. Je crois qu’il admirait également chez Gainsbourg sa capacité à métisser la chanson française de jazz, de musique africaine, de Kurt Weill ou de reggae, en passant par la pop, et démontrer qu’il n’y a pas de racisme dans sa musique, à s’amuser avec tous ces styles et à en faire son propre style. […]

Paul Valéry parlait de la poésie en disant qu’elle était “une longue hésitation entre le son et le sens”. C’est ce qu’ont fait Gainsbourg et Bashung dans leurs albums respectifs. Moi, avec la danse, j’essaie aussi ça, une longue hésitation entre le geste et le sens. […] [Ce] que je cherche c’est à travailler avec eux [les danseurs] un même univers, parallèle à celui de l’album, ma façon à moi de traiter le dépouillement, la violence, le désir, l’absence. […] J’aimerais que tout cela circule entre les danseurs, dans un univers en noir et blanc, qu’on aperçoive quelque chose de la douleur latente qui parcourait ces deux artistes en même temps que leur formidable énergie. D’ailleurs, les danseurs ne les incarneront pas, ils les évoqueront, chacun d’eux pourra être traversé tour à tour par les personnages de Gainsbourg, de Bashung, de Marilou, de l’Homme à tête de chou. Je voudrais avant tout rendre compte d’une atmosphère, façon music-hall sans les paillettes, ou alors des paillettes qui reflètent aussi bien l’angoisse d’être vivant que la jouissance de l’être encore. »

Gallotta/Gainsbourg/BashungJean-Claude Gallotta
Natif de Grenoble, Jean-Claude Gallotta est l’auteur d’une cinquantaine de chorégraphies, présentées sur tous les continents. Formé aux beaux-arts, il s’est d’abord fait connaître comme fondateur du Groupe Émile Dubois, une troupe composée de danseurs, de comédiens, de musiciens et de plasticiens, qui présente des spectacles conçus pour des lieux spécifiques. En 1980, soit un an après sa fondation, le Groupe Émile Dubois emménage à la Maison de la culture de Grenoble (MC2) et se rebaptise Centre chorégraphique national de Grenoble – Groupe Émile Dubois. Depuis, Jean-Claude Gallotta a créé plus d’une vingtaine de spectacles, parmi lesquels on retrouve Mammame (version 1987), Docteur Labus (1988) et Les Mystères de Subal (1990), tous trois présentés dans le cadre du Festival international de nouvelle danse de Montréal. En 1999, il crée Presque Don Quichotte à l’Hippodrome de Douai, une pièce présentée également à Shizuoka au Japon, et l’Incessante, un solo pour Mathilde Altaraz, présenté au Festival d’Avignon. En 2001 suivent Les Larmes de Marco Polo pour la Biennale internationale de Lyon. Puis, en 2002, il propose 99 duos au Théâtre National de Chaillot, premier volet d’une trilogie intitulée Les Gens. En 2003, il chorégraphie le deuxième volet avec Trois Générations, une œuvre pièce qui rassemble des enfants, d’anciens danseurs et les interprètes de la compagnie. Trois Générations prenait d’ailleurs l’affiche de Danse Danse à l’automne 2005 et marquait le grand retour de Gallotta à Montréal.

À partir de 2004, Jean-Claude Gallotta conçoit ses spectacles dans son nouveau studio de la MC2. Il y chorégraphie d’abord Des Gens qui dansent (2006), troisième et dernier volet des Gens, puis 2147, l’Afrique, créée avec des danseurs africains et le metteur en scène Moïse Touré. En octobre 2007, au Théâtre national de Chaillot à Paris, il crée Cher Ulysse (personnage avec lequel il entra en chorégraphie en 1981).

En 2008, il élabore Bach danse expérience avec Mirella Giardelli et l’Atelier des Musiciens du Louvre; Armide de Lully avec le chef d’orchestre William Christie et le metteur en scène Robert Carsen au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, ainsi que Chroniques chorégraphiques – saison 1, sorte de stage movie qui lui permet de poursuivre sa recherche poétique sur les genres et les gens. En 2009, il crée Le Maître d’amour d’après le roman éponyme de Maryse Wolinski et L’Homme à tête de chou.

Plusieurs des œuvres de Gallotta figurent aujourd’hui au répertoire de l’Opéra de Paris, de l’Opéra du Rhin, du Teatro San Martín de Buenos Aires, du Ballet du Nord et du Ballet de Lorraine.

Enfin, entre 1986 et 1990, Jean-Claude Gallotta a assuré la direction de la Maison de la culture de Grenoble, qu’il renommera Le Cargo, devenant ainsi le premier chorégraphe nommé à la tête d’une scène nationale. Gallotta a par ailleurs établi une relation soutenue avec le Japon. De 1997 à 2000, il y a géré le Département de danse du nouvel ensemble culturel de Shizuoka, où il a formé et dirigé une compagnie de huit interprètes.

CrÉdits

Chorégraphie Jean-Claude Gallotta. Assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz. Dramaturgie Claude-Henri Buffard. Costumes Jacques Schiotto et Marion Mercier assistée d’Anne Jonathan. Paroles et musiques originales Serge Gainsbourg. Dans une version enregistrée pour ce spectacle par Alain Bashung . Orchestration, musiques additionnelles et coréalisation Denis Clavaizolle. Mixage et coréalisation Jean Lamoot. Danseurs Simon Bailly, Sylvain Decloitre, Hajiba Fahmy, Ximena Figueroa, Ibrahim Guétissi, Yannick Hugron, Cécile Renard, Eléa Robin, Thierry Verger, Loriane Wagner, Béatrice Warrand, Thalia Ziliotis. Directeur technique Pierre Escande. Régie son Antoine Strippoli. Régie lumières Frédéric Willhelm. Remerciements à Chloé Mons, Yves Quérol, Gérard Michel, Olivier Caillart. Avec l’aimable autorisation de Mélodie Nelson Publishing et de BARCLAY - un label UNIVERSAL. Production Jean-Marc Ghanassia et le Centre chorégraphique national de Grenoble. Coproduction MC2 Grenoble. Coréalisation Théâtre du Rond Point.

Photo 1 © Guy Delahaye. Interprètes Ximena Figueroa, Nicolas Diguet, Thierry Verger, Béatrice Warrand, Yannick Hugron, Marie Fonte, benjamin Houal, Hajiba Fahmy, Adrien Boissonnet, Eéla Robin. Photo 2 © Guy Delahaye. Interprètes Béatrice Warrand + Thierry Verger et Yannick Hugron. Photo 3 © Guy Delahaye. Interprète Loriane Wagner. Photo 4 © Guy Delahaye. Interprète Eléa Robin.

DurÉe 

75 minutes – sans entracte

www.gallotta-danse.com
www.lhommeatetedechou-lespectacle.fr

 

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