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Hofesh Shechter Hofesh Shechter

« Le talent majeur du chorégraphe Rodrigo Pederneiras consiste […] à maintenir le feu brûlant de la sensualité sous l’élégance. Le cliché de la fièvre des corps latinos se résorbe alors sans pour autant disparaître. Les hanches virevoltantes, les bustes tout en ondulations se distinguent comme autant de motifs d’une gestuelle qui rassemble le corps dans un mouvement continu. » (Le Monde)

Danse Danse invite le public à de belles retrouvailles avec la compagnie brésilienne Grupo Corpo. Acclamée lors de ses précédents passages à Montréal à Danse Danse en 2002 et en 2006, Grupo Corpo vient cette fois offrir Parabelo et Breu, deux œuvres de Rodrigo Pederneiras, dansées par les 20 superbes interprètes de la compagnie. Troupe de stature et de réputation internationales, Grupo Corpo rend hommage à la terre du Brésil, à ses racines, à ses rythmes et à ses musiques uniques. Impossible de résister à l’énergie communicative de cette compagnie, à la gestuelle hybride et sensuelle de Rodrigo Pederneiras, aux danseurs aux hanches élastiques et à ses tableaux visuels saisissants. « C’est un vrai bonheur de les voir danser et le public ne s’y trompe pas qui leur accorde à chaque passage un formidable succès. » (Le Figaro)

Grupo CorpoParabelo

« Autant dans 21 que dans Parabelo, nous restons au Brésil, et les ondulations des corps ne tardent pas à répondre à celles des notes, dans un éblouissant mouvement d'ensemble. Jamais la danse contemporaine ne s’est trouvée mieux mariée à une identité nationale que dans les pièces jubilatoires de Grupo Corpo. »(La Tribune de Genève)

Créée en 1997, Parabelo est, selon les propres mots du chorégraphe, son œuvre « la plus brésilienne et la plus régionale ». Elle se base sur une trame sonore réalisée par deux symboles de la musique au Brésil : Tom Zé et José Miguel Wisnik. À partir des rythmes et musiques de l’arrière-pays, des chants dévots ou de ceux des champs, Tom Zé et José Miguel Wisnik ont créé une œuvre extrêmement texturée, truffée d’éléments du folklore brésilien et où les bruits insolites et les percussions se mêlent aux sonorités d’instruments plus conventionnels. La musique sert magnifiquement les déhanchements accentués des danseurs et s’accorde au frappement répété des pieds sur le sol.

Côté décor, la scénographie de Parabelo, conçue par Fernando Velloso et Paulo Pederneiras, reprend l’esthétique des images votives des églises de campagne sur d’énormes panneaux qui habillent la scène.

Dans les notes sur le spectacle, on lit : « Parabelo est un splendide témoignage de la force expressive de la danse, de notre danse, celle qui n’appartient à personne d’autre. […] Elle est métissée, elle est brésiienne, elle est le soleil qui plombe sur les chapeaux de cuir et sur la terre aride. Elle sent la sueur du dur labeur, a l’odeur suave de la transpiration. Elle sonne comme un forró décontracté, paresseux, un chant de travail, une plainte. Elle est profonde et brillante; elle est parabelo. »

Grupo CorpoBreu

Créée sur la musique du très populaire auteur-compositeur-interprète brésilien Lenine, Breu est une fabuleuse symphonie graphique en noir et blanc, un poème de corps à corps qui confirme l’évolution de Rodrigo Pederneiras.

« Magistralement construite, fascinante à regarder et exécutée avec conviction et abandon par les danseurs, Breu est l’une des meilleures pièces de Pederneiras et, jusqu’ici, de cette saison de danse. » (exploredance.com)

Évocation d’une époque violente, Breu (noirceur) marque une rupture avec les œuvres précédentes de Rodrigo Pederneiras. Le chorégraphe s’éloigne ici de la sensualité, de la gaîté et du lyrisme caractéristiques de ses œuvres depuis 1992. En référence à l’obsession de la réussite à tout prix qui prévaut dans une société trop individualiste, Breu met en scène des corps secoués, agressés, souvent condamnés à rester au sol. La gestuelle y est plus dure et angulaire et les mouvements, plus vigoureux.

« Breu est une œuvre plus puissante. Les unitards noir et blanc aux motifs géométriques variés de Freusa Zechmeister font merveille, tout comme la furieuse trame sonore de Lenine, gagnant de deux Latin Grammy Awards. » (The Village Voice)

Telle une Babel sonore, la musique originale d’Oswaldo Lenine Macedo Pimentel, dit Lenine, englobe ici une grande variété de timbres, d’échantillonnages, d’effets sonores, de références musicales et stylistiques. Comportant huit mouvements, cette composition stimulante passe du hard rock à la musique traditionnelle brésilienne. Le métissage est d’ailleurs ce qui fait de Lenine un musicien fascinant. Le magazine Mondomix le décrit comme étant « totalement échevelé et absolument branché. Lenine créé une musique innovante où plein de trucs bizarroïdes viennent agrémenter une “Brazilian touch” furieuse. […] Il est célèbre dans son pays à travers ses compositions pour Gilberto Gil, Dionne Warwick, Daude, Sergio Mendes, Fernanda Abreu, ou par ces revigorants concerts à guichets fermés à Rio ou Sao São  Paulo. […] Lenine est multiforme, capable d’enflammer n’importe quel auditoire, seul à la guitare sèche, en formation acoustique ou avec un groupe électrique incendiaire ».

Rodrigo Pederneiras

« Échappant à tout pittoresque ou poncif sur le Brésil, le génie alchimique du chorégraphe Rodrigo Pederneiras consiste à fondre dans un même mouvement endiablé samba, forró des bals populaires, danses africaines, mais aussi hip hop ou danse classique. » (La Tribune de Lyon)

« La danse prend sa source dans le corps lui-même », dit Rodrigo Pederneiras, auteur d’un style reconnaissable entre tous et qui ne pouvait s’épanouir qu’au Brésil, ce pays où, comme le souligne le chorégraphe, « le corps apprend à danser dans la rue ». Maître « métisseur », Pederneiras fond la danse classique, la danse moderne, le xaxado, la samba, le forró, la danse de salon, la capoeira et la danse africaine pour façonner une grammaire chorégraphique complexe, exubérante, sinueuse et énergique. Très personnelle, son écriture se distingue également par le fait que la dynamique et l’équilibre y sont aussi – sinon plus – signifiants que le mouvement seul. Généralement réjouissante, sexy et émaillée d’humour, la danse de Rodrigo Pederneiras n’exclut pourtant pas totalement les références à la violence et à l’ambiguïté de la condition humaine.

Toujours guidé par la musique, le chorégraphe collabore très souvent avec des musiciens innovateurs qui embrassent, comme lui, la nature multiple et kaléidoscopique de la culture brésilienne et qui partagent la même passion pour son expression contemporaine. On pense notamment à Caetano Veloso, à João Bosco, à José Miguel Wisnick et à Arnaldo Antunes.

Chorégraphe attitré de Grupo Corpo depuis 1978, Rodrigo Pederneiras y a chorégraphié des œuvres marquantes, telles Mamma Africa, Missa do Orfanato et Sete ou Oito Peças para um ballet. Citons aussi 21 et O Corpo, pièces avec lesquelles la compagnie faisait ses débuts à Danse Danse en 2002. Absolument emballé, le public de Danse Danse s’enthousiasme alors pour cette danse mixte qui ne ressemble à nulle autre et en redemande. Au printemps 2006, Grupo Corpo était donc de retour avec Lecuona et Onqotô, également plébiscitées par les spectateurs.

En marge de son travail au sein de Grupo Corpo, Rodrigo Pederneiras a créé des œuvres pour les trois plus grandes compagnies de ballet du Brésil : City of São Paulo Ballets Corps, Municipal Theatre Ballet Corps (Rio de Janeiro) et Guaíra Theatre Ballet Corps (Curitiba). Il fut enfin chorégraphe en résidence aux Ballets Jazz de Montréal [bjm_danse], où il chorégraphiait MAPA en 2005.

Grupo CorpoGrupo Corpo

Fondée par Paulo et Rodrigo Pederneiras en 1975, Grupo Corpo est la réponse des deux frères à la crise identitaire qui sévit alors au Brésil. À cette époque – et aujourd’hui encore –, le ballet prédomine dans les académies de danse du pays. Lui-même formé en ballet auprès d’une étoile des Ballets russes, Rodrigo Pederneiras revendique alors une danse typiquement brésilienne qui, au-delà des blessures et apports du colonialisme, reflète la singulière personnalité de leur pays. Basée à Belo Horizonte et installée dans la maison familiale, loin de l’influence de Rio de Janeiro, la petite compagnie jouit d’une grande liberté et s’éloigne de la rigidité de la tradition européenne. Trois ans après son établissement, elle emménage dans un théâtre où elle est encore aujourd’hui.

« Grupo Corpo ne renvoie à aucun individu en particulier, précise le cofondateur de la troupe, Paulo Pederneiras. Son identité est celle d’un groupe. » La danse, la musique, les éclairages, les costumes et la scénographie forment un tout indissociable dans les œuvres produites par Grupo Corpo. Directeur général et artistique depuis 1975, Paulo Pederneiras conçoit également les éclairages de tous les ballets. Aussi, depuis la création de Bach en 1996, il participe à la conception des décors.

Accueillie sur les grandes scènes du monde et dans de prestigieux festivals de danse, Grupo Corpo demeure fidèle aux idéaux qui ont guidé sa fondation et continue de présenter des œuvres contemporaines aux riches couleurs du Brésil.

CRÉDITS :

Programme double

 

Breu (2007)

Chorégraphie : Rodrigo Pederneiras
Musique : Lenine
Costumes : Freusa Zechmeister
Décor et éclairages : Paulo Pederneiras
Photos 1 et 3 : José Luiz Pedrneiras

 

Parabelo (2006)

Chorégraphie : Rodrigo Pederneiras
Musique : Tom Zé, José Miguel Wisnik
Costumes : Freusa Zechmeister
Décor : Paulo Pederneiras, Fernando Veloso
Éclairages : Paulo Pedernieras
Photos 2 et 4 : José Luiz Pedrneiras

www.grupocorpo.com.br


Petrobas

Durée : 110 minutes incluant l‘entracte
Breu 45 minutes
Entracte 20 minutes
Parabelo 42 minutes

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