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Hofesh Shechter Hofesh Shechter

Danse Danse présente la dernière œuvre de groupe de José Navas sur la scène du Centre Pierre-Péladeau. Après nous avoir offert ses magnifiques Miniatures, une suite de solos créés à l’automne 2008, José Navas revenait à la création pour ensemble avec S, une « méditation en mouvement » inspirée des immortelles Gymnopédies et Gnossiennes d’Erik Satie. Dans cette chorégraphie pour grands plateaux, huit brillants danseurs pour sculpter l’espace et étirer à l’infini les mélodies aériennes de Satie, interprétées sur scène par la pianiste française Claire Chevallier. Créée en décembre 2008 au Concertgebouw de Bruges dans le cadre du festival December Dance, En lever de rideau, José Navas nous offrira en supplément de programme Villanelle, un solo inédit qu’il dansera lui-même.

FlakS 

Grand favori du public de danse contemporaine québécois, José Navas prenait, en 2005, un virage esthétique radical; il abandonnait tout artifices et impératifs narratifs pour focaliser sur le mouvement, qu’il épure jusqu’à l’abstraction. Ainsi en va-t-il pour S. Pour le chorégraphe, il s’agit d’habiter les longues respirations de la musique d’Erik Satie; d’envisager l’espace comme une page blanche où le mouvement s’inscrit avec la précision et l’énergie du calligraphe. S compte sur la qualité et la sensibilité des interprètes, que Navas compare à des Stradivarius; à partir d’une « partition » abstraite, techniquement très exigeante, ils parviennent à doter les « notes » de couleurs très personnelles et dramatiques.

« Avec un aplomb qui ne trompe pas, le chorégraphe semble renouer avec une part de lui-même qu’il avait oubliée ou enfouie, avec ce qui le définit essentiellement comme artiste : le mouvement pur. La ferveur avec laquelle José Navas s’y livre suffit à émouvoir le spectateur de cette danse pourtant presque mathématique. » (Le Devoir au sujet d’Anatomies)

S est une œuvre de José Navas / Compagnie Flak créée en coproduction avec le Concertgebouw de Bruges (Belgique), le Fonds de création du réseau de CanDanse, Danse Danse (Montréal), le Festival Danse Canada (Ottawa), le Centre national des Arts (Ottawa) et le Théâtre Centennial (Sherbrooke). Elle est soutenue par la section danse du Conseil des arts du Canada.

Claire Chevallier, pianiste

Établie à Anvers, la pianiste française Claire Chevallier a fait des études de piano aux conservatoires de Nancy, de Strasbourg, ainsi qu’au Conservatoire royal de Bruxelles, où elle obtient un premier prix de piano et de musique de chambre. Elle se produit comme soliste et au sein de formations de musique de chambre en Europe et au Japon, notamment à la Cité de la Musique de Paris, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Kaaitheater de Bruxelles, au Concertgebouw de Bruges, au Vredenburg d’Utrecht et au Ueno College de Tokyo.

Musicienne et chercheure, elle est fascinée par le pianoforte. Pendant plusieurs années, en autodidacte, elle étudie les caractéristiques spécifiques et les exigences d'entretien (accord, cordes, etc.) de l’instrument. Elle développe ainsi une connaissance approfondie des claviers historiques, qu’elle commence à collectionner; elle en possède actuellement cinq, qui couvrent la période 1842-1920.

Son intérêt pour les différentes disciplines artistiques l’a conduite à collaborer avec différents metteurs en scène, chorégraphes, réalisateurs et artistes en art visuel, tels que Wayn Traub, Rudolf Mestdagh, Josse de Pauw, Anne Teresa de Keersmaeker, David Claerbout et José Navas, au cours des dernières années.

Pour obtenir plus de renseignements et pour consulter sa discographie, visitez le www.clairechevallier.com.

FlakJosé Navas

Né au Venezuela en 1965, José Navas s’est d’abord illustré sur la scène internationale en tant que soliste talentueux et charismatique, puis comme chorégraphe. Fondateur et directeur artistique de la Compagnie Flak, il est l’auteur d’une trentaine d’œuvres, créées à titre de chorégraphe indépendant ou pour sa propre compagnie. Maintes fois honoré à l’étranger, José Navas est régulièrement sollicité par d’autres compagnies et artistes pour différents projets de création. S’il s’est notamment démarqué par des pièces de groupe audacieuses et insolites, José Navas centre aujourd’hui sa recherche artistique sur l’essence et la pureté du mouvement. Abstraction, sobriété, intensité et profondeur qualifient son travail actuel.

José Navas commence sa formation en danse à Caracas et la poursuit à New York, au Merce Cunningham Studio. Dans cette même ville, il danse par ailleurs avec Stephen Petronio, Michael Clark, Lucinda Childs et divers chorégraphes indépendants. Parmi ceux-ci, William Douglas crée pour lui While Waiting, un magnifique solo qui leur vaut un prestigieux Bessie Award, prix new-yorkais soulignant l’excellence en danse et le talent des interprètes. Ensemble, les deux artistes s’installent à Montréal, où ils partageront leur passion de la danse jusqu’au décès de ce grand chorégraphe et ami, en 1996.

L’arrivée de José Navas à Montréal en 1991 marque ses débuts chorégraphiques qui le mèneront éventuellement à fonder la Compagnie Flak en 1995. Depuis, l’organisme a donné plus de 300 représentations et été invité sur les scènes d’une vingtaine de pays. Les solos Sterile Fields, Bosquejo et Abstraction comptent parmi les créations marquantes des premières années, de même que les duos Scattered Yields et Luna Llena. En 1998, One Night Only 3/3, trio osé et provocateur, connaît un succès sans précédent au Canada. La réputation de José Navas se construit autour de la sensualité de ses œuvres et de sa capacité à aller à l’essentiel. En 1999, il est nommé « meilleur jeune chorégraphe étranger » par le magazine européen Ballet Tanz Aktuell International.

En 2000, José Navas figure parmi les « 100 Personnalités qui font bouger le Québec »,selon le magazine français L’Express. Il crée aussi son premier sextuor, Perfume de Gardenias, en coproduction avec le Centre national des Arts d’Ottawa, le Joyce Theater de New York et le Korzo Theatre de La Haye, aux Pays-Bas. La pièce fait salle comble à Montréal pendant trois semaines et sera présentée dans plusieurs villes, dont New York, Budapest et Londres.

En 2001, José Navas et un violoncelliste célèbrent la musique de Benjamin Britten et d’Allan Hovhaness dans Haman/Navas Project,offert dans le cadre de Danse Danse, et qui deviendra Solo with Cello. Le documentaire Perpetual Motion, de Laura Taler,rend compte du processus de création de cette pièce intimiste qui a fait l’objet d’une tournée de 2000 à 2003 dans une dizaine de pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la République tchèque, le Japon et Israël.

En 2003, Navas crée Adela, mi amor, une chorégraphie pour six danseuses. La pièce, qui compte sur la présence scénique du compositeur Michel F. Côté, inspire le film d’art Adéla et sera finaliste du 20e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. Présentée en première mondiale à Bruges, en Belgique, puis en Suède, au Göteborg Dance & Theatre Festival, la pièce est donnée à guichets fermés à l’Agora de la danse de Montréal. Elle est chaudement accueillie, tant par le public que par la critique. « Des danseuses parmi les plus intenses qui subliment cette pièce forte, vibrante, sans répit, qui se déploie comme une véritable onde de choc dans la salle, fait vibrer les sièges et la peau des spectateurs pour repartir vers les danseuses… et circuler de nouveau. […] Une vraie réussite. » (La Presse)      

Avec The Heavens, Burning with Hours, un duo chorégraphié pour Montréal Danse en 2004, José Navas amorce un nouveau chapitre de son œuvre, celui de l’abstraction. À travers cette création, il découvre l’extraordinaire richesse de la simplicité et le sens profond du mouvement, dégagé de toute intention intellectuelle. Reprenant les bases de la gestuelle postmoderne new- yorkaise, il utilise la déconstruction des phrases de mouvement, la répétition et les figures géométriques sans autre volonté que d’explorer le mouvement et l’espace. Il réalise alors que l’exécution d’un mouvement d’une extrême précision provoque chez le danseur une transformation fascinante à observer. Présentée dans plusieurs villes du Canada et des États-Unis, The Heavens, Burning with Hours marque le début d’une collaboration soutenue avec le compositeur montréalais Alexander MacSween.

Créé en 2005, le quatuor Portable Dances consacre le retour sur scène de José Navas et confirme son virage artistique; désormais, sa recherche se concentre sur la simplicité du mouvement et sur la résonance des corps dans l’espace. L’année suivante, José Navas poursuit cette démarche avec Anatomies, quintette où il révèle la mécanique de précision des corps en mouvement. Clarté et formalisme sont à la source de la poésie de cette chorégraphie où l’esprit d’une méditation dansée est encore plus affirmé que dans Portable Dances.

En 2007, le chorégraphe entre au répertoire des Grands Ballets Canadiens de Montréal avec Límpido Amor, un premier solo sur pointes, créé pour la danseuse étoile Anik Bissonnette à l’occasion de son gala d’adieux.

Après sept ans de création consacrés à des pièces de groupe, José Navas renouait avec le solo dans Miniatures (2008), une suite de sept solos abstraits et romantiques sur des musiques choisies. Dans cette œuvre bouleversante, il révèle pour la première fois des pans de son histoire personnelle avec la force et la subtilité du danseur mature.

Dès 1995, José Navas crée des chorégraphies et danse dans des films remarqués et souvent primés. C’est le cas avec The Village Trilogy, de Laura Taler, qui remporte le prix Cinédanse du meilleur film de danse canadien, et avec Lodela, de Philippe Baylaucq, pour lequel José Navas reçoit le prix « Chorégraphie pour la Caméra » au festival Moving Picture de Toronto. En 1999, il est en nomination aux Gemini Awards pour sa performance dans The Golden City, un film de Moze Mossanen. En 2001, la cinéaste Laura Taler emprunte les voies du documentaire pour rendre compte du processus créatif du Haman/Navas Project et de la relation entre le chorégraphe et le violoncelliste. Plus récemment, le réalisateur Jocelyn Barnabé s’est inspiré de la pièce Adela, mi amor pour créer Adéla, un film d’art diffusé sur les ondes de CBC puis d’ARTV.

Au théâtre, José Navas met en scène Les Fleuves profonds de José María Arguedas, à l’invitation de Wajdi Mouawad, auteur, dramaturge, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre de Quat’Sous. La pièce tiendra l’affiche du théâtre montréalais pendant tout le mois de mai 2002.

Citoyen engagé dans son milieu, José Navas a fait de sa compagnie un centre de recherche, un point de rencontre et un catalyseur d’idées. Cherchant à favoriser le croisement entre les cultures, les arts et les générations, José Navas et sa compagnie s’engagent dans diverses activités utiles à la communauté artistique, comme les séminaires chorégraphiques et les programmes de résidence pour jeunes chorégraphes.

Enfin, José Navas a donné des classes de maître et d’improvisation à Montréal, à P.A.R.T.S, l’école belge d’Anne Teresa de Keersmaeker, à la Isola Danza Academy de Venise, sur invitation de Carolyn Carlson, à la Rotterdam Dance Academy, aux Pays-Bas, ainsi qu’à Mito et à Tokyo, au Japon.

CRÉDITS :

Programme double

S (2008)

Chorégraphie : José Navas 
Musique : Gnossiennes et Gymnopédies d’Erik Satie
Pianiste : Claire Chevallier
Éclairages : Marc Parent
Costumes : José Navas/Compagnie Flak
Le matériel chorégraphique a été élaboré en collaboration avec les danseurs
Interprètes : Alejandro De Leon, Sarah Fregeau, Hanako Hoshimi-Caines, Leon Kupferschmid, Jordan McHenry, Lindsey Parker, Eldon Pulak, Lauren Semeschuk
Photos : Michael Slobodian

Villanelle (2009)

Chorégraphie et interprétation : José Navas
Musique : Cum dederit delectis suis somnum ANDANTE de Antonio Vivaldi
Éclairages : Marc Parent
Costumes : José Navas/Compagnie Flak

www.flak.org

Durée : 75 minutes incluant l'entracte

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