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Hofesh Shechter Hofesh Shechter

 

« Cette pièce unique, d’une invention profonde, apporte une nouvelle dimension au concept d’échange culturel. » (The Guardian)

CherkaouiLa quête de Sidi Larbi Cherkaoui ne connaît pas de frontières, son imagination non plus. Le voilà qui remonte sur scène avec Sutra, un spectacle magnifique et atypique, tranchant avec ses œuvres précédentes. Flanqué d’un gamin de 12 ans, le plus éclectique des chorégraphes orchestre un ballet pour 17 moines maîtres de kung-fu et… 21 boîtes en bois, conçues par le sculpteur britannique Antony Gormley. Soumises à l’imagination de Cherkaoui, celles-ci se révèlent d’une stupéfiante versatilité; carapace, édifice, barque ou cercueil, la boîte n’en est finalement jamais une. Soutenue par la superbe musique de Szymon Brzóska, interprétée en direct par cinq musiciens, Sutra propose un voyage étonnant et poétique, une bouffée d’air parfumé venue des montagnes de Chine.

« Avec délicatesse et respect, émerveillement, il partage avec nous son séjour au temple de Shaolin. Esthétique et sentimental, Sutra pointe l’endroit exact de la quête humaniste de Sidi Larbi Cherkoui. » (Le Monde)

Sutra

Le projet de création avec les moines bouddhistes prenait forme à un moment où Cherkaoui, après des années d’une extrême intensité – créations multiples et déplacements incessants –, a besoin de se ressourcer. Un ami lui suggère alors une incursion dans l’univers de ces moines guerriers. Le chorégraphe s’enthousiasme. De l’adolescence, Sidi Larbi Cherkaoui a gardé son admiration pour Bruce Lee, athlète exceptionnel et acteur de films de kung-fu qui a popularisé cet art martial en Occident. Il est aussi fasciné par le bouddhisme et intrigué par ces moines qui, bien que pacifistes, dédient leur vie aux arts martiaux.

CherkaouiL’idée fait donc son chemin. L’artiste aussi. Le voilà bientôt devant le maître Shi Yanda, dans le plus ancien temple bouddhiste Shaolin, situé dans la province chinoise du Henan.« Shi Yanda m’explique que l’objectif de la méditation est de calmer l’esprit et que celui du kung-fu est de calmer le corps, dit Cherkaoui. J’admirais par ailleurs leur connaissance du mouvement, leur façon de s’identifier au monde qui les entoure, leur extraordinaire habileté à incarner l’essence d’un tigre, d’une grue ou d’un serpent; de passer de l’intérieur à l’extérieur, du yin au yang. Je conçois très bien cela. Dans mon travail, il y a toujours cette dualité. » Le courant passe et la création peut commencer.

Sidi Larbi Cherkaoui fait tout de suite appel à Antony Gormley, sculpteur et plasticien avec qui il a collaboré pour zero degrees, un duo chorégraphié et dansé avec Akram Khan. Pour Sutra, Antony Gormley a créé 21 boîtes de bois de taille humaine et à cinq faces, plus une boîte de même dimension en aluminium pour Sidi Larbi Cherkaoui, seul Occidental de la distribution. Au cœur du spectacle, les boîtes rappellent encore une fois les notions d’intérieur et d’extérieur, l’un des thèmes fondamentaux de Sutra. Cherkaoui invite également le compositeur Szymon Brzóska à écrire la musique du spectacle.

C’est avec son ouverture caractéristique que Sidi Larbi Cherkaoui se met à la tâche. Il procède en tenant compte des gestes, rituels et rythmes des moines du temple Shaolin, et leur propose en retour un cadre chorégraphique contemporain. Il en résulte un langage inédit, qui respecte la tradition du kung-fu tout en lui apportant un point de vue original.

Cherkaoui« L’atmosphère de Sutra est à la fois ludique et grave. Pour ces moines, le kung-fu concerne autant l’esprit que le corps. La juxtaposition du repli sur soi et de l’énergie explosive, de l’unité de la pensée et de l’engagement envers la communauté, commune à tous les êtres vivants, est au cœur de ce spectacle saisissant. » (The Observer)

Produit par Sadler’s Wells, en collaboration avec le Athens Festival, le Festival de Barcelona Grec, le Grand Théâtre de Luxembourg, La Monnaie de Bruxelles, le Festival d’Avignon, la Fondazione Musica Per Roma, la Shaolin Cultural Communications Company et la Toneelhuis, Sutra a été présentée en première mondiale au Sadler’s Wells de Londres le 27 mai 2008. Depuis, Sutra sillonne l’Europe et sème le bonheur sur son passage.

Sidi Larbi Cherkaoui

« Mon premier mode d’expression artistique n’était pas la danse mais le dessin. Enfant, je voulais dessiner la réalité et toutes les images que j’y associais. Les nuages, par exemple, et tout ce que je pouvais y déceler, ou les gens et les ombres qu’ils projetaient. C’étaient des sortes de dessins “surréalistes”, fort empreints de réel mais contenant toujours plus que les faits purs. C’était ma manière de raconter la réalité qui m’entourait. À un certain moment, l’impatience m’a gagné. Le bidimensionnel ne me suffisait plus. J’ai alors commencé à danser. Ce qu’il y a de subtil dans la danse, c’est qu’il faut danser en permanence pour voir le dessin. En outre, vous êtes en même temps le crayon et la main qui le tient. La danse restera toujours un dessin éphémère; elle disparaît avec le dernier mouvement qui y met fin. Le dessin peut donc être retranscrit ou réécrit à chaque instant. Chaque représentation se doit d’être redessinée le lendemain soir. »

Le danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, né à Anvers en 1976 d’une mère flamande et d’un père marocain, fait sa première expérience de chorégraphe en 1999, en signant Anonymous Society, une « comédie musicale contemporaine » sur la musique de Jacques Brel, dans laquelle il danse lui-même. Cette production remporte différents prix, dont les prix Fringe First et Total Theatre à Édimbourg, ainsi que le prix Barclay Theatre à Londres.

En 2000, Rien de rien, la première chorégraphie de Cherkaoui en tant que membre du noyau artistique des Ballets C. de la B., fait des tournées partout en Europe et remporte le prix spécial au BITEF Festival de Belgrade. Pour ce spectacle, il collabore avec le chanteur et danseur Damien Jalet, qui l’initie aux chants traditionnels italiens, une influence qui marquera nettement ses créations suivantes. Les 6 danseurs, dont l’âge varie entre 16 et 60 ans, maîtrisent une variété presque aussi grande de styles et de techniques de danse : du ballet classique à la danse de salon en passant par la gestuelle que nous pratiquons tous en parlant. Pour Sidi Larbi Cherkaoui, ce sont là des sources tout aussi dignes d’inspiration pour un langage contemporain de la danse. Cet éclectisme correspond parfaitement aux thèmes qui lui tiennent à cœur : l’égalité entre les individus, les cultures, les langues et les moyens d’expression. Rien de rien effectue une tournée marathon et lui vaut, en 2002, le prix réservé aux chorégraphes prometteurs lors de la remise des prix Nijinski à Monte-Carlo.

En juillet 2002, il participe au volet Le Vif du Sujet du Festival d’Avignon et y danse It dans une mise en scène de Wim Vandekeybus. Le point de départ de ce solo est une nouvelle de Paul Bowles. It fait fusionner les gestuelles très spécifiques des deux chorégraphes. « Cherkaoui nous sort le grand jeu. Son corps semble déraciné et inaccessible. Lorsque son pied vient frapper sa tête, le haut de son corps semble ignorer qu’il a une partie inférieure. Ce corps se bat avec lui-même, jongle avec l’air entre ses mains, se contorsionne en un millier de courbes. » (De Standaard)

À l’automne 2002, avec Damien Jalet et quelques danseurs de Sasha Waltz, il crée D’avant pour la Schaubühne am Lehniner Platz de Berlin, un spectacle qui allie le chant médiéval du XIIIe siècle à la danse contemporaine. D’Avant est un spectacle très physique qui, dans une mosaïque de styles, parvient à faire se conjuguer légèreté et relativisation avec des phénomènes sociaux importants comme le fanatisme, la violence physique et l’indifférence morale. En mars 2003, il poursuit sa quête des relations croisées entre la danse et la musique (chantée) dans Foi, un spectacle sur la force de la croyance, dans lequel la musique Ars Nova du XIVe siècle (interprétée par l’ensemble Capilla Flamenca) rencontre la musique des chants traditionnels interprétés par Christine Leboutte, Damien Jalet, Joanna Dudley et les danseurs. Deux manières de raconter l’histoire et ses mythes et de les transmettre à la génération suivante. C’est aussi deux manières de survivre, de résister au temps et aux nouvelles tendances. Pour ce spectacle, présenté à Danse Danse en mai 2003, Sidi Larbi Cherkaoui s’est vu décerner le prix Movimentos à Wolfsburg, en Allemagne.

En juillet 2004, à la demande du Festival d’Avignon, Larbi Cherkaoui présente un nouveau projet avec Les Ballets C. de la B. intitulé Tempus Fugit, où il remet en question l’absoluité apparente du temps. Car même si le monde entier paraît avoir une notion identique du temps, son vécu est ressenti et interprété différemment dans les diverses cultures. Dans Tempus Fugit, 15 « interprètes », issus d’à peu près tous les coins du monde, explorent leur propre passé culturel. Chacun d’eux tente d’avoir prise sur le temps, ce qui se traduit dans la danse par une divergence de rythmes et de vitesses d’exécution. Tempus Fugit met l’accent sur les mondes de la Méditerranée, de l’Arabie, de l’Afrique centrale et sur leurs relations mutuelles. En décembre 2004, Cherkaoui présente In Memoriam aux Ballets de Monte-Carlo. Pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève, il chorégraphie Loin – la première a lieu en avril 2005 –, pièce présentée à Danse Danse en février 2009.

Toujours en 2005, Larbi collabore pour la première fois avec Akram Khan, un danseur et chorégraphe qui, comme lui, a des « racines doubles » : il a grandi en Angleterre, mais ses parents sont indo-bengalis. Ensemble, ils créent et dansent le spectacle zero degrees, qui aborde l’impact du mélange de leurs passés culturels respectifs. zero degrees est sélectionné pour le prix Laurence Olivier en 2006 et remporte ensuite deux prix Helpmann en Australie en 2007. Pour België danst, l’édition spéciale du Bal Moderne qui s’est déroulée en plein air simultanément dans 12 villes européennes le 16 juillet 2005, Sidi Larbi Cherkaoui crée une nouvelle chorégraphie avec Damien Jalet, Ik hou van jou/je t’aime tu sais, sur une musique de Noordkaap et Marie Daulne.

En 2006, le directeur artistique de la Toneelhuis d’Anvers, Guy Cassiers, l’invite à se joindre aux artistes en résidence de l’organisme. Pour la Toneelhuis, il crée Myth en 2007, œuvre au programme de la saison 2008-2009 de Danse Danse.

Toujours en 2006, Larbi Cherkaoui et Nicolas Vladyslav explorent la force théâtrale des Suites pour violoncelle de Bach dans Corpus Bach. Il retourne également à Monaco, où il monte Mea Culpa, une nouvelle chorégraphie pour les Ballets de Monte-Carlo. Créée en avril 2006, Mea Culpa se penche sur les relations entre l’Europe et l’Afrique et est marquée par les nombreuses questions que Larbi Cherkaoui, qui vient alors d’avoir 30 ans, se pose sur sa vie et son œuvre chorégraphique. En août 2006, il se rend au festival Théâtre et Danse de Göteborg pour la première de sa nouvelle création, End, un spectacle qu’il monte alors que la guerre fait rage entre Israël et le Hezbollah au Liban. End porte clairement les stigmates de ce conflit.

Bien que les pièces de son répertoire soient très en demande, Sidi Larbi Cherkaoui combine leur présentation avec la création de nouvelles productions. Le 12 mai 2007, le public de l’imposant – et nouvel – opéra de Copenhague se montre particulièrement enthousiaste pour L’Homme de bois, la nouvelle chorégraphie de Larbi Cherkaoui créée pour 18 danseurs du Royal Danish Ballet sur une musique de Stravinsky. Il accepte par ailleurs l’invitation de Guy Cassiers à participer, avec les autres créateurs de la Toneelhuis, à un périple théâtral à travers tout le théâtre Bourla, inspiré du livre Une histoire du monde en 10 chapitres et demi de Julian Barnes. À la demande du Musée de l’immigration à Paris, Sidi Larbi Cherkaoui conçoit, avec le photographe et cinéaste Gilles Delmas, une nouvelle installation vidéo, Zon-Mai : cette construction remarquable a la forme d’une maison, sur les façades et le toit de laquelle sont projetées des images de danseurs exprimant leur personnalité par leur danse, dans l’intimité de leur propre intérieur.

En septembre 2007 a lieu la première d’Apocrifu, une commande du théâtre de La Monnaie à Bruxelles. Apocrifu est une rencontre musicale avec l’ensemble polyphonique corse A Filetta. Sa musique constitue la trame sur laquelle Cherkaoui tisse sa nouvelle création, dans laquelle il danse aussi. Dans une scène clé d’Apocrifu, on voit les trois danseurs, soudés en un monstre tricéphale, lire à tour de rôle des passages du Talmud, du Coran et de la Bible. Le message de Cherkaoui : la différence entre apocryphe et canonique relève plus d’une question de perspective et d’autorité que de teneur ou de valeur en soi. Ainsi, le chorégraphe touche de manière ludique à une thématique plus large qui est depuis longtemps sa marque de fabrique : l’équivalence intrinsèque entre les différentes cultures et visions religieuses.

Cette thématique se retrouve également dans la récente production Origine, une coproduction de la Toneelhuis et du Muziekcentrum De Bijloke (Gand) présentée en première mondiale à Gand en janvier 2008, dans laquelle il réunit quatre danseurs – deux hommes et deux femmes, chacun venu d’un autre coin du monde – avec l’Ensemble Sarband. La journaliste Daniëlle De Regt écrit : « L’Ensemble Sarband joue et chante divinement. Ces chants religieux, transmis par des femmes compositrices et des chœurs des temps jadis, s’entrelacent pour former un concert sublime de chants de sirènes. » (De Standaard). Une fois de plus, Cherkaoui, optant pour une perspective singulière de la transmission musicale, façonne une chorégraphie qui aborde de manière subtile des thèmes politiques actuels. Bien que de façon ludique, il évoque indéniablement des thèmes comme l’immigration, l’aliénation et la consommation à outrance, pour ensuite les abandonner et les transformer en un vocabulaire gestuel de plus en plus abstrait.

Enfin, Sidi Larbi Cherkaoui se penche une fois encore sur le thème de l’humain à la recherche du divin dans Babel, une création qui devrait bientôt voir le jour et qui constituera le dernier volet de la trilogie commencée avec Foi et Myth.

Sidi Larbi Cherkaoui est lauréat du Kairos-Preis 2009. Cette distinction est décernée chaque année par la Alfred Toepfer Stiftung de Hambourg à « une personnalité créative qui donne une importante impulsion à l'art et à la culture en Europe ».

Antony Gormley

« Avec Sutra, […] Cherkaoui a enchanté Avignon. L’univers créé par Antony Gormley y est déterminant. » (La Libre Belgique)

Sculpteur né à Londres en 1950, Antony Gormley est l’auteur d’une œuvre amorcée il y a plus de 25 ans et maintes fois couronnée de prestigieuses récompenses. Il est, entre autres, lauréat du prix Turner (1994) et membre de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus à la sculpture. Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions dans des musées et galeries tels la Whitechapel, la Tate Gallery, le British Museum, le White Cube, le Louisiana Museum à Humlebaek, la Corcoran Gallery of Art à Washington, l’Irish Museum of Modern Art de Dublin, le Kölnischer Kunstverein en Allemagne, la Biennale de Venise, la Kassel Documenta 8, ainsi que dans plusieurs autres prestigieuses institutions en Europe, en Scandinavie, en Amérique, au Japon et en Australie. Ses œuvres Angel of the North et Quantum Cloud sur la rivière Thames à Greenwich sont parmi les plus célèbres exemples de la sculpture anglaise contemporaine.

Gormley centre sa recherche sur le corps en tant que lieu de mémoire et de transformation. Il a développé un large éventail de pièces basées sur son propre corps, moulé dans du plâtre puis coulé de fer ou de plomb. À partir des années 1990, ses préoccupations artistiques s’élargissent pour inclure la condition humaine, le corps collectif et la relation entre le soi et l’autre dans des installations à grande échelle telles que Allotment, Critical Mass, Another Place, Domain Field, Inside Australia et Blind Light, inaugurée à la Hayward Gallery au printemps 2007.

Pour en connaître davantage sur Antony Gormley, visitez le www.antonygormley.com.

Szymon Brzóska

« La musique mélancolique du compositeur polonais Szymon Brzóska, fait frissonner Sutra. » (Le Monde)

Jeune compositeur polonais, Szymon Brzóska est diplômé de l’Académie de musique Ignacy Jan Paderewski de Póznan, où il a suivi les cours de Miroslaw Bukowski. Il obtient par la suite un diplôme d’études supérieures en composition au Conservatoire royal flamand d’Anvers, où il est formé par Luc Van Hove. Entre 2000 et 2004, il participe également aux ateliers dirigés par Marek Stachowski, Tapio Tuomela, Remigijus Merkelys, Toivo Tulev et Peteris Plakidis.

À peine ses études terminées, Szymon Brzóska retient l’attention des professionnels de la musique classique et contemporaine; ses œuvres sont jouées en Belgique, au Danemark, en Allemagne, en Norvège et en Pologne. En 2003, sa pièce Antiphona Beatae Mariae Virginisest était choisie par la chorale polonaise Schola Cantorum Gedanensis pour son concert au Festival de musique sacrée Maria Auxilium Christianorum à Rumia. L’année suivante, Brzóska remportait le 3e prix au concours de composition Adam Didur à Sanok (Pologne) pour Czarna róza (La rose noire), chant pour ténor et piano, paroles de Zbigniew Herbert, et le 2e prix au concours de composition Chorale Passion Song à Bydgoszcz (Pologne) pour Vexilla Regis Prodeunt. En 2006, ses Six miniatures pour violoncelle et piano sont choisies pour un atelier avec l’ensemble belge Prometheus.

Szymon Brzóska était par ailleurs retenu pour le concours de composition du festival music@venture 2007 à Anvers; à cette occasion, on lui commandait une œuvre destinée à l’ensemble belge I Solisti Del Vento et à être créée en concert durant le festival.

Szymon Brzóska a participé à la bande-son de plusieurs films et pièces en Pologne. Il a composé la bande-son du film Le bruit des gens autour du cinéaste Diastème, projeté en avant-première au Festival d’Avignon 2008, en collaboration avec le cinéma Utopia. 

ShaolinLes moines Shaolin

Le terme Shaolin, que l’on pourrait traduire par « jeune (ou nouvelle) forêt », désigne un ensemble de monastères chinois où l’on associe le bouddhisme Chan à la pratique d’une forme spécifique d’art martial. Les moines bouddhistes qui participent au spectacle Sutra sont issus du premier temple Shaolin, situé sur le mont Song, l’une des cinq montagnes sacrées de Chine, à environ 600 km au sud de Pékin. Fondé autour de 497, le monastère aurait accueilli, au Ve siècle, un moine indien venu prêcher le bouddhisme Chan : Bodhirama. Constatant l’état physique lamentable des moines qui ne faisaient qu’étudier et méditer, Bodhirama leur aurait appris des techniques respiratoires et des exercices leur permettant de renforcer leur corps afin qu’ils puissent supporter les longues heures de méditation. Il leur aurait enseigné également des méthodes de combat pour se défendre des brigands et des animaux.

S’il existe plusieurs écoles et troupes qui proposent des spectacles de kung-fu inspiré de l’enseignement prodigué dans les temples Shaolin, les véritables disciples de la philosophie Shaolin ne participent qu’exceptionnellement à un projet artistique et à une tournée. Leur vie est entièrement dédiée à la pratique des arts martiaux et de la méditation. Pour ces moines, le perfectionnement du kung-fu est l’objectif – et le labeur – de toute une vie. Leur pratique – physique et spirituelle – vise à unir l’esprit et le corps, puis à atteindre une parfaite harmonie avec le monde qui les entoure.

Article Sutra : Sculpter l'espace sur le processus de création signé Karthika Nair – Tous droits réservés

Article Une brève introduction aux arts martiaux chinois Shaolin signé Meir Shahar – Tous droits réservés

 

CRÉDITS :

Sutra  (2008)
Avec les moines du temple Shaolin en Chine

Mise en scène et chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui
Création plastique : Antony Gormley
Musique : Szymon Brzóska
Avec sur scène Sidi Larbi Cherkaoui et 17 moines du temple Shaolin.
Une production du Sadler’s Wells London

Coproducteurs : Athens Festival, Festival de Barcelona grec, Grand Théâtre de Luxembourg, La Monnaie Brussels, Festival d’Avignon, Fondazione Musica per Roma et Shaolin Cultural Communcations Company
Photos: Hugo Glendinning
www.sadlerswells.com
Vidéo Sutra en répétition

Durée : 70 minutes – sans entracte

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