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Danse Danse accueille le Ballet du Grand Théâtre de Genève, prestigieuse compagnie qui piquera pour la première fois ses pointes sur une scène québécoise. Rarement vu au Canada et considéré comme l’un des plus originaux et des plus inventifs en Europe, le célèbre ballet suisse propose une soirée consacrée à trois fortes individualités de la danse contemporaine internationale : Saburo Teshigawara, (KARAS), Andonis Foniadakis et Sidi Larbi Cherkaoui. Les œuvres de ce trio gagnant, interprétées par les 22 magnifiques danseurs de la compagnie, forment un programme qui respire le charme et l’esprit : « l’une des plus belles soirées chorégraphiques de ces derniers temps ». (Le Nouvel Observateur, Paris). Préparez-vous à une soirée mémorable.

Para-Dice / Saburo Teshigawara

Créé pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève en 2002, Para-Dice fait allusion au paradis et à l’idée de hasard, dice signifiant « dé » en anglais.

« Saburo Teshigawara est un système solaire à lui seul. Virtuose de l’immobilité, grand manitou des scènes expérimentales, l’électron libre du Japon allie la vitesse de la lumière à la précision du scalpel. (…) Sa création a pour titre Para-dice. Paradis, le mot est bien choisi. » (L’Express, Paris)

Selon désir / Andonis Foniadakis

Présenté en première mondiale par le Ballet du Grand Théâtre de Genève en février 2004, Selon désir s’inspire des chœurs d’entrée des Passion selon saint Mathieu et Passion selon saint Jean de J.S. Bach.

« Voici une danse chorale ininterrompue, qui sait gérer entrées et sorties. Foniadakis possède un talent scénique et dramatique, et si son désir est de chorégraphier, ici dans un mouvement jubilatoire quasi continu, on ne peut qu’acquiescer. » (Libération, Paris)

Loin / Sidi Larbi Cherkaoui

Dans la pièce Loin, créée à la demande du Ballet du Grand Théâtre de Genève en 2005, le chorégraphequestionne la distance entre les êtres, les époques et les cultures. Il installe ainsi sa chorégraphie pour les 22 danseurs de la compagnie suisse dans un univers visuel et sonore composé d’éléments disparates et, en apparence, loin de nous. Connaissant le plaisir qu’éprouve le chorégraphe à « frotter » les cultures dans un même espace-temps, on peut aisément imaginer que de ce métissage va émerger un appel au rapprochement.

« Merveille des merveilles. (…) Profession de foi dans l’amour et la paix des hommes, Loin fait l’unanimité enthousiaste des spectateurs. » (Le Figaro, Paris)

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève

Depuis l’arrivée de Philippe Cohen à la direction artistique du Ballet du Grand Théâtre de Genève, la compagnie connaît un renouveau exceptionnel. De partout, les producteurs la réclament et les critiques s’inclinent.

« Une microrévolution dans l’histoire récente du Ballet du Grand Théâtre de Genève qui pourrait bien le propulser dès l’année prochaine sur les plateaux internationaux les plus ouverts à l’avant-garde. » (Le Temps, Genève)

« Le Ballet du Grand Théâtre de Genève et ses interprètes exceptionnels jouent définitivement dans la cour des grands. » (Paris Capitale)

Le Grand Théâtre de Genève est à la fois un lieu et une institution. Imposant bâtiment trônant sur la place Neuve, il fut inauguré en 1876 et rouvert en 1962, après une réfection rendue nécessaire par un incendie. Abritant le plus vaste plateau de Suisse, il s’avère aussi la plus grande structure de production et d’accueil de Suisse romande, où l’on donne des représentations d’art lyrique et chorégraphique, des récitals, des concerts et, occasionnellement, des pièces de théâtre.

Au début du XXe siècle, les plus grands chorégraphes et troupes de ballet sont invités sur la scène du théâtre de Neuve, notamment Isadora Duncan et Nijinski avec les Ballets russes. Mais ce n’est qu’à sa réouverture, en 1962, que le Grand Théâtre se dote de sa propre compagnie de ballet. Sa direction a été confiée successivement à Janine Charrat, Serge Golovine, Patricia Neary, Peter van Dyck, Oscar Araiz, Gradimir Pankov (actuellement directeur artistique des Grands Ballets Canadiens de Montréal), François Passard et Giorgio Mancini. Dès sa naissance, cette compagnie s’est employée à explorer la pluralité stylistique de la danse au XXe siècle, ce qui l’a amenée à travailler avec des artistes réputés comme George Balanchine (qui en fut conseiller artistique de 1970 à 1978), Mikhail Baryshnikov, Rudolf Noureïev, Jirí Kylián, Ohad Naharin, William Forsythe ou Lucinda Childs.

Le Ballet du Grand Théâtre comprend 22 danseurs de diverses nationalités. De formation classique, ils sont tous capables d’interpréter des chorégraphies néo-classiques et contemporaines. Chaque saison, ils proposent généralement deux nouvelles créations et des reprises de pièces de leur répertoire. Il font aussi d’importantes tournées, organisent des animations scolaires et des ateliers chorégraphiques.

Les chorégraphes

Saburo Teshigawara
Chorégraphe le plus influent du Japon et l’un des grands noms de la danse contemporaine, Saburo Teshigawara est célèbre dans le monde entier pour sa technique extraordinaire et ses créations novatrices. Cofondateur et directeur artistique de la compagnie Karas, chorégraphe, danseur, scénographe et cinéaste, il allie, dans toutes ses productions, sa vision plastique et sa maîtrise de l’espace à une grande puissance de mouvements. À Montréal, on a pu apprécier son travail dans les productions de Karas présentées au Festival international de Nouvelle Danse (FIND) : Ishi-No-Hana (1989), Dah-Dah-Sko-Dah-Dah (1991) et Noiject (1995). À ces trois occasions, Karas remportait le Prix du public du FIND. La compagnie était de retour au FIND en 1999 avec I was Real-Documents.

Le son, le temps, l’air et l’espace sont des éléments clés de ses créations avant-gardistes qui lui ont valu des distinctions prestigieuses, telles que le prix de la Japanese Dance Critics Association (en 1987 et 2000) et le prix Asahi Performing Arts (en 2002 et 2003). En 2004, il était désigné mentor en danse par le Programme Rolex de mentorat artistique, un programme international de mécénat jumelant de jeunes artistes de talent du monde entier avec de grands maîtres pour une année de collaboration créative.

Ce n’est qu’à 20 ans, après des études de peinture et d’arts visuels, que Teshigawara commence à étudier le ballet classique. Pourtant, dès le début des années 1980, il établit son style propre, qui contribuera à changer l’image de la danse au Japon et à lancer sa carrière. En 1985, il fonde, avec son associée Kei Miyata, la compagnie KARAS avec pour objectif de rechercher « une nouvelle forme de beauté ». Depuis, il a suscité des critiques très élogieuses tant pour des œuvres d’ensemble comme Ishi-No-Hana (1989), Dah-Dah-Sko-Dah-Dah (1991), I was Real-Documents (1996) et Luminous (2001), que pour des solos spectaculaires comme Bones in Pages (1991), Here to Here (1995) et Absolute Zero (1998).

Au cours des 15 dernières années, à la demande de grandes compagnies de ballet européennes et de certains de ses pairs, il a créé des œuvres telles que White Clouds Under the Heels (1994-1995), Modulation (2000) et Air (2003) pour l’Opéra de Paris, il a recréé en 2006 Kazahana (2004), ainsi que Scream and Whisper, présentée à Rome en mars 2005. Depuis 2006, Teshigawara est professeur à l’université St-Paul de Rikkyo (Japon) où il enseigne la théorie du mouvement et dirige des ateliers.

Andonis Foniadakis
Chorégraphe d’origine crétoise et directeur artistique de la Compagnie Apotos ma, Andonis Foniadakis a suivi sa formation à l’École de danse nationale de Grèce de 1988 à 1990, puis à l’École Rudra à Lausanne de 1990 à 1992. Il danse ensuite pour le Béjart Ballet Lausanne pendant deux ans, où il interprète des ballets comme King Lear, The Art of Pas de Deux, Messe pour un temps présent, L’Oiseau de feu et Igor et Moi, Wagner. Il joint ensuite le Ballet de l’Opéra de Lyon de 1996 à 2002, où il interprète des œuvres de Maguy Marin, William Forsythe, Jirí Kylián, Nacho Duato, Mats Ek, Frédéric Flamand, Ohad Naharin et Bill T. Jones. Foniadakis prend aussi part aux créations de Casse-Noisette (rôle-titre) de Dominique Boivin, Sini de Tero Saarinen, Concerto et Petrouchka de Joachim Slohmer, Origami de la chair de Lionel Hoche, Double Face de John Jaspers, Final Lecture de Pascal Touzeau, Perspective depuis les ruines d’Allesio Silvestrin et Arbre noir de Jo Kanamori. En tant que danseur pigiste, il participe à la création de Kazahana de la compagnie Karas

C’est au sein du Béjart Ballet Lausanne qu’Andonis Foniadakis fait ses débuts chorégraphiques avec In Between (1994) et Court Métrage en 1996. Depuis, il a créé Fila Filon au Festival de Danse de Cannes (1997), Aurore Boréale au Festival international de Copenhague et Lava Nama pour le Ballet de l’Opéra de Lyon (1999). Il est aussi l’auteur d’œuvres telles Pénombre, offerte au Festival international de Copenhague, et Handle With Care au Théâtre national du nord de la Grèce. Toujours en qualité de chorégraphe, il a été invité à créer des œuvres pour le Ballet National du Rhin et l’Opéra National du Rhin, le Washington Ballet, le Benjamin Millepied Dance Project USA et le Nomadic Project Tokyo. En 2004, Andonis Foniadakis créait le ballet Use pour sa jeune compagnie dans le cadre de la 11e Biennale de la Danse de Lyon.

Sidi Larbi Cherkaoui
Danseur et chorégraphe né à Anvers d’une mère belge et d’un père marocain, Sidi Larbi Cherkaoui a étudié la danse à P.A.R.T.S. à Bruxelles, école dirigée par Anne Teresa De Keersmaeker. En 1995, il participe à un concours chorégraphique à Gand, initié par Alain Platel. Il y remporte le prix du Meilleur solo de danse en Belgique. Dès lors, Platel l’invite à participer à la création de lets op Bach (1997-1998), pièce qui sera présentée en tournée dans le monde entier.

Puis, il crée sa première chorégraphie en tant que membre du noyau artistique des Ballets C. de la B. en 2000, Rien de rien. Offerte en tournée européenne et lauréate du Special Prize au BITEF à Belgrade en 2001, Rien de rien lance la carrière internationale de Sidi Larbi Cherkaoui. À partir de ce moment, le nom de Sidi Larbi Cherkaoui est sur toutes les lèvres, producteurs et amateurs de danse contemporaine confondus.

En juillet 2002, il danse it de Wim Vandekeybus dans le cadre du volet Le Vif du Sujet du Festival d’Avignon. En septembre de la même année, avec Damien Jalet, Luc Dunberry et Juan Kruz Díaz de Garaio Esnaola, il crée d’avant pour la Schaubühne Am Lehniner Platz à Berlin. Il s’attaque ensuite à une nouvelle création pour Les Ballets C. de la B., Foi, que l’on a pu voir à Danse Danse en 2003.

En 2004, à la demande du Festival d’Avignon, il crée un nouveau spectacle avec Les Ballets C de la B. : Tempus fugit. En 2005, avec le chorégraphe et danseur britannique Akram Khan, il conçoit et danse zero degree, un duo qui connaît un succès mondial.

Sidi Larbi Cherkaoui a également créé des œuvres pour le Ballet de Monte-Carlo (In Memoriam et Mea Culpa), pour le festival Théâtre et Danse de Göteborg (End), pour le Ballet royal danois (L’Homme de bois) et le Théâtre de La Monnaie à Bruxelles (Apocryphe).

En 2006, le directeur artistique de la Toneelhuis d’Anvers, Guy Cassiers, l’invite à se joindre aux artistes en résidence de l’organisme. Pour la Toneelhuis, il crée Myth en 2007, œuvre au programme de la présente saison de Danse Danse ainsi qu’Origine, une coproduction de la Toneelhuis et du théâtre De Bijloke (Gand) présentée en première mondiale à Gand en janvier 2008.

Durée : 110 minutes – incluant l‘entracte

www.geneveopera.ch


Crédits
Ballet du Grand Théâtre de Genève
Directeur général : Jean-Marie Blanchard
Directeur du Ballet : Philippe Cohen
Partenaire du Ballet du Grand Théâtre : UBS/ PROHELVETIA

Para-Dice
Chorégraphie, décors, costumes et lumières : Saburo Teshigawara
Création sonore : Willi Bopp
Assistants : Rihoko Sato et Ravi Deepres
Assistant pour les lumières : Simon MacColl
Durée : 22 mintes
Nombre de danseurs : 8

Selon désir
Chorégraphie et costumes : Andonis Foniadakis
Musique : Jean-Sébastien Bach, Chœurs d’entrée de la Passion selon Saint Matthieu et de la Passion selon Saint Jean
Création sonore : Julien Tarride
Lumières : Rémi Nicolas
Assistante costumière : Marion Schmid
Durée : 22 minutes
Nombre de danseurs : 16

- ENTRACTE -

Loin
Chorégraphie : Sidi Larbi Cherkaoui
Musique : Heinrich Ignaz Franz Biber, extraits des Sonates des Mystères du Rosaire
Scénographie et lumières : Wim Van de Cappelle
Costumes : Isabelle Lhoas, avec la collaboration de Frédéric Denis
Assistants à la chorégraphie : Nicolas Vladyslav et Damien Jalet
Durée : 47 minutes
Nombre de danseurs : 22

Photos 1 et 4 (Loin) : GTG/Mario del Curto
Photo 2 (Para-Dice) et photo 3 (Selon désir) : GTG/Gregory Batardon

Mars 2008

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