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Espagne

Véritable cadeau pour le dixième anniversaire de Danse Danse, la Compañía Nacional de Danza, dirigée par Nacho Duato, y est accueillie pour la première fois — et en exclusivité canadienne pour 2007-2008. Le chorégraphe, qui articule le vocabulaire classique dans un langage contemporain et profondément émouvant, est très apprécié des montréalais. Ceux-ci connaissent bien son travail puisqu’il a fait trois escales dans la métropole avec sa troupe (1994, 1999 et 2001) et que plusieurs de ses œuvres figurent au répertoire des Grands Ballets Canadiens de Montréal. Appréciant particulièrement la chaleur du public d’ici, Duato tenait à inclure Montréal à la tournée nord-américaine de sa compagnie. On se réjouit à l’avance de pouvoir accueillir Nacho Duato et les 30 remarquables danseurs de la Compañía Nacional de Danza dans un programme soigneusement sélectionné par Danse Danse et composé de Castrati, Txalaparta et White Darkness : trois pièces, et autant de moments de grâce.

 
 

Le programme
Castrati (2002) revisite une page sombre de l’histoire de la musique. Alors que les sopranisont au sommet de leur popularité, les femmes n’ont pas voix au chapitre dans les églises. Puisqu’on a toujours besoin de ce registre de voix, on opte alors pour la castration des jeunes garçons. Toute barbare qu’elle apparaisse, cette pratique n’est pas si lointaine puisque le dernier castrat est mort au siècle dernier. Castrati est une œuvre bouleversante dansée par 9 hommes, et baignée par la musique de Vivaldi et de Karl Jenkins. « Ce sont surtout les morceaux de Vivaldi qui sous-tendent l’horreur d’un rituel esthétique qui donne une voix de femme à la virilité et, à la fin de la pièce, inonde de sang la main de l’élu sacrifié. » (Il Secolo XIX, Italie)

On verra aussi Txalaparta (2001), une pièce au rythme enlevé pour 14 danseurs dont le titre réfère à un instrument de percussion traditionnel basque. Ses origines remontent aux cérémonies accompagnant la préparation du cidre, à l’époque où les artisans battaient les pommes pour en extraire le jus. Pour Kepa Junkera, qui joue de cet instrument sur la trame sonore de la pièce, cette œuvre donne « (…) la chance de voir comment la danse, le bois, le métal et la pierre s’unissent pour ravir le public avec des sonorités et des mouvements qu’il ne connaissait pas [jusque là], mais qui existaient depuis toujours au fond de lui ».

Enfin, la compagnie propose White Darkness, une pièce pour 10 interprètes créée à Madrid en 2001 et dansée sur la musique originale de Karl Jenkins. Réflexion ouverte sur les paradis artificiels, « White Darkness a pour fil conducteur la poudre de sable (…) blanche comme la drogue qui dévore, ou plutôt ensevelit une vie, heure terrible comme le destin de l’homme. » (La Reppublica, Italie). « Un bonheur total. » (Le Figaro). Cette pièce figure au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris depuis novembre 2006.

Nacho Duato
Né à Valence, Nacho Duato entreprend sa formation en ballet à 18 ans, à la Rambert School de Londres. Il poursuit ensuite ses études au centre Mudra-Bruxelles de Maurice Béjart, avant d’aller se perfectionner au Alvin Ailey American Dance Centre à New York. En 1980, il danse avec le Ballet Cullberg à Stockholm pendant une année avant de se joindre au Nederlands Dans Theater, alors dirigé par Jirí Kylián, chorégraphe qui l’a fortement influencé.

Encouragé à se lancer lui-même dans la chorégraphie, Nacho Duato crée Jardí Tancat en 1983 sur la musique de sa compatriote María del Mar Bonet, qui remporte, la même année, le premier prix à l’Atelier chorégraphique international de Cologne, en Allemagne. En 1988, il devient chorégraphe résident au Nederlands Dans Theater, poste qu'il occupe pendant deux ans avant de rentrer en Espagne pour prendre la tête de la Compañía Nacional de Danza. Depuis, il a créé des œuvres pour la Compañía Nacional de Danza et un grand nombre de ses ballets sont au répertoire de compagnies comme le Cullberg Ballet, le Nederlands Dans Theater, Les Grands Ballets Canadiens, le Deutsche Oper Ballet, l’Australian Ballet, le Stuttgart Ballet, le Ballet Gulbenkian du Portugal, le Finnish Opera Ballet, le San Francisco Ballet, le Royal Ballet et l’American Ballet Theatre.

« Nacho Duato compte parmi les meilleurs chorégraphes qui écrivent aujourd’hui pour de grandes compagnies classiques. Et sa compagnie madrilène se situe au top niveau par la beauté de ses interprètes, leur brillante technique et leur discipline. » (Le Figaro)

 
 

Compañía Nacional de Danza
Depuis 1990, année où Nacho Duato a pris les rênes du ballet national d’Espagne à Madrid, à l’invitation de l’Institut national des arts de la scène et de la musique du ministère de la Culture espagnol, la compagnie s’est dotée d’une personnalité bien à elle, célébrée sur la scène internationale. Nacho Duato lui apporte sa propre vision de la danse contemporaine, appuyée sur de solides bases de ballet classique et lyrique. Il valorise l’expressivité et la musicalité chez ses danseurs, ainsi que leur aptitude à établir une communication intime avec l’auditoire.

Son parcours académique et son ouverture au travail des grandes figures de la danse comme Jirí Kylián, William Forsythe et Mats Ek se reflètent au sein de la compagnie. Aussi, en plus d’établir un dialogue entre la technique classique et les idiomes moderne et contemporain, il incorpore à sa danse les caractéristiques essentielles de l’Espagne, soit le tempérament du Sud, l’influence de la nature méditerranéenne et la spontanéité.

À titre de directeur de la Compañía Nacional de Danza, Nacho Duato a été nommé, en 1995, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France en Espagne et il a reçu, en 1998, la « médaille d’or du mérite dans les arts » en Espagne.

À l’Opéra de Stuttgart, il a reçu le Benois de la Danse, l’un des prix de chorégraphie les plus prestigieux, décerné par l’Association internationale de la danse, pour sa pièce Multiplicity, Forms of Silence and Emptiness (2000). Plus récemment, Nacho Duato recevait le Prix national de danse (2003) remis par le ministère de la Culture du gouvernement espagnol, dans la catégorie création.

Durée : 115 minutes
Txalaparta - 27:14
Entracte - 20 minutes
Castrati -
27:09
Entracte - 20 minutes
White Darkness - 21:33

cndanza.mcu.es

Crédits
Compañia Nacional de Danza
Directeur artistique : Nacho Duato

Castrati (2002)
Chorégraphie : Nacho Duato
Musique : Antonio Vivaldi (Nisi Dominus RV 608; Stabat Mater RV 621;
Salve Regina RV 616; Concerto RV 439 « la notte »), Karl Jenkins (palladio)
Décors : Nacho Duato
Costumes : Francis Montesinos
Conception des éclairages : Brad Fields

Txalaparta (2001)
Chorégraphie : Nacho Duato
Musique : Kepa Junkera, Oreka TX
Décors : Jaffar Chalabi
Costumes : Nacho Duato
Conception des éclairages : Nicolás Fischtel (A.A.I.)

White Darkness (2001)
Chorégraphie : Nacho Duato
Musique : Karl Jenkins (Adiemus Variations, String Quartet n° 2)
Décors : Jaffar Chalabi
Costumes : Lourdes Frías
Conception des éclairages : Joop Caboort

Photos 1 et 2 Fernando Marcos (White Darkness), photo 3 Michael Slobodian (Txalaparta)

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