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Sankai juku
(Japon)

Kagemi
Ushio Amagatsu

12.13.14. OCT. 2006
Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts


« Une des plus renversantes compagnies de danse-théâtre qui soient. » (The New York Times, États-Unis)


C
ompagnie japonaise parmi les plus sollicitées au monde, Sankai Juku inaugure la neuvième saison de Danse Danse. Après les mémorables prestations de 1987 (Jomon Sho) et de 1990 (Unetsu), la fameuse troupe sera de retour à Montréal pour présenter Kagemi, une œuvre de son fondateur et directeur artistique, Ushio Amagatsu. Depuis sa création au Théâtre de la Ville de Paris en 2000, Kagemi, ou Par-delà les métaphores du miroir, sème ses inoubliables images dans le monde entier.

« Ce ne sont ni les corps maquillés de blanc, ni les crânes rasés, pas même la danse ralentie entre tension et relâchement qui fascinent : c’est l’esthétique ineffable d’Amagatsu qui multiplie les métamorphoses visuelles, les effets de lumière à damner les meilleurs plasticiens. » (Le Monde, France)

Dans une forêt de feuilles de lotus géantes et immaculées, des créatures mi-homme, mi-esprit, obéissent à un rituel étrange. Tour à tour anges et démons, êtres d’ombre et de lumière, mâles et femelles, les sept danseurs, incluant Amagatsu, célèbrent le cycle du vivant dans sa lente et incessante transformation. Construite en sept tableaux, Kagemi offre au spectateur le fruit d’une éblouissante méditation.

« D’une beauté fort sophistiquée, Sankai Juku crée une forme d’art unique qui transcende le temps. » (Nihon Keizai Shimbun, Japon)

Ushio Amagatsu
Né en 1949, Ushio Amagatsu suit une formation en danse classique et moderne à Tokyo avant de se tourner vers le butô. Courant de danse contemporaine né au Japon au début des années 60, le butô cherche à réinventer la beauté à partir du désastre que constituent Hiroshima et Nagasaki. Issu de la deuxième génération des artistes de butô, Amagatsu s’efforce d’en donner une version plus claire, plus transparente. Pour lui, le butô est plus qu’une technique formelle ou un style académique; il tend à articuler le langage du corps afin de trouver, au plus profond des êtres, un sens commun, une universalité sereine, quitte à y parvenir par l’entremise de la cruauté et de la brutalité. Son cheminement artistique et le fruit de sa longue recherche personnelle s’expriment dans son Dialogue avec la gravité, publié chez Actes Sud en 2001.

« Je veux penser que la danse commence dans le processus qui précède la naissance, et même plus avant, dans la répétition d’une évolution qui prit des centaines de millions d’années. Se lever, se tenir debout, bouger, aucun mouvement ne se fait sans impliquer la gravité, sans engager un échange avec elle. À plus forte raison en va-t-il ainsi de la danse, qui est donc un dialogue avec la gravité.»

Hors compagnie, Amagatsu a chorégraphié Fifth, une pièce pour cinq danseurs présentée à Tokyo en 1988. Il a aussi mis en scène Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartók), spectacle monté à l’occasion du Tokyo International Forum en 1997, ainsi que Trois sœurs, un opéra de Peter Eötvös. Présenté à l’Opéra de Lyon, au Théâtre du Châtelet de Paris, au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles et à l’occasion du Wiener Festwochen à Vienne, Trois Sœurs fut couronné du Prix du Syndicat National de la Critique en France.

Nommé Chevalier des arts et des lettres en France, Ushio Amagatsu est également lauréat du prix Geijutu Sensho pour l’ensemble de son œuvre. Sa pièce Hibiki a remporté le prix Laurence Olivier 2002 de la meilleure nouvelle production de danse.

Sankai Juku
Fondée en 1975, Sankai Juku, qui signifie « l’atelier entre la montagne et la mer », fait ses débuts au Japon. Avec Kinkan Shonen (1978), sa première pièce d’importance, la compagnie secoue le public en offrant une nouvelle image du butô. À la fièvre radicale et protestataire ayant donné naissance à cette forme de danse, le directeur artistique de Sankai Juku oppose un sens plus cosmogonique. Pour lui, la force du mouvement, de l’impulsion et de l’expression ramène inévitablement aux origines du monde.

« Sankai Juku a transformé le corps souffrant et la teneur négative souvent présents en butô en une esthétique éblouissante. (...) Telles des algues, les danseurs se meuvent avec élégance, libérés du fardeau de la signification. » (Asahi Shimbun, Japon)

En 1980, la compagnie est invitée au Festival de Nancy en France. Le succès est tel que Sankai Juku est inscrite au programme du Festival d’Avignon la même année. L’Hexagone a le coup de foudre et l’onde de choc se propage; les Japonais seront quatre ans en Europe, invités dans les plus grands théâtres et festivals. Depuis 1982, les pièces de Sankai Juku sont d’ailleurs finalisées en France et montées au Théâtre de la Ville de Paris.

Après l’Europe occidentale, ce sera au tour des deux Amériques, des pays de l’Est et du reste de l’Asie de découvrir Sankai Juku. Depuis sa fondation en 1975, Sankai Juku s’est produite dans plus de 700 villes réparties dans 40 pays.

www.sankaijuku.com

Février 2006

Photos Jacques Denarnaud

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