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Chorégraphe | Danièle Desnoyers

« La gestuelle, libre, fantaisiste et fluide, défie constamment les limites de l’équilibre. (...) Desnoyers est vraiment passée maître dans l’art de faire baigner ses œuvres dans une aura de mystère. Cette touche d’indicible est tout à fait bienvenue. » (La Presse, Montréal)


À l’abri des modes, fascinée par les univers issus de la friction entre le corps et le son, Danièle Desnoyers persiste et signe, toujours avec beaucoup de finesse, des œuvres sensuelles et sensorielles, riches et imagées. Pour cette deuxième participation à Danse Danse – elle nous avait offert Concerto grosso pour corps et surface métallique en mars 2000 –, Danièle Desnoyers revient avec une nouvelle création pour cinq danseurs et un musicien. Élaborée en collaboration avec le talentueux compositeur et concepteur d’installations sonores Jean-François Laporte, celle-ci prend pour point de départ un piano, savamment détourné de sa fonction première. Ainsi, du rapport créé entre cet instrument inusité et les interprètes naîtra une série de solos, de duos et de mouvements d’ensemble, autant de facettes d’un même cristal.


Danièle Desnoyers
Avec des pièces comme Rouges-Gorges (1989) et Mirador-Mi-Clos (1990), la Québécoise Danièle Desnoyers s’impose dès ses débuts chorégraphiques comme une artiste dont l’œuvre novatrice contribue à enrichir le vaste champ de la danse contemporaine. Au sein du Carré des Lombes, compagnie qu’elle fondait en 1989, Desnoyers a créé plusieurs œuvres, notamment Du souffle de sa tourmente, j’ai vu (1994), acclamée partout au Canada, aux États-Unis et en Europe, et Discordantia (1997), sur la musique de la compositrice Sofia Gubaïdulina, présentée au Festival international de nouvelle danse et au Shizuoka Performing Arts Center au Japon.

La chorégraphe réalise des spectacles singuliers, souvent fondés sur la conception de dispositifs scéniques et d’environnements sonores qui influent sur le langage du corps. On pense ici à Concerto grosso pour corps et surface métallique (1999), Prix d’auteur du Conseil général de la Seine-Saint-Denis aux Rencontres chorégraphiques internationales en 2000 et présenté à la Biennale de musique contemporaine de Zagreb en Croatie, à Bataille (2002), qui « allie toujours brillamment corps et musique » (Le Devoir, Montréal), et enfin, à Duos pour corps et instruments (2003), œuvre créée à l’occasion du Festival international de nouvelle danse et reprise dans plusieurs théâtres et festivals au Canada et en Europe au cours de la saison 2004-2005, notamment à l’Agora de la danse en novembre dernier.

« (Dans Bataille) une énergie circulatoire aux textures variables traverse toute la pièce, comme le flux de la vie. Ceci relève en grande partie de la musique, superbement dosée et orchestrée. Celle, discordante, de Goldstein, dont la présence sur scène subjugue, joue en alternance ou en superposition avec d’impressionnants échantillons de musiques baroques, électroniquement modifiées. » (Le Devoir, Montréal)

En plus de travailler étroitement avec des compositeurs et des artistes du son, en 2001, Danièle Desnoyers s’associe à l’architecte Pierre Thibault. Il s’agit alors d’explorer la mobilité de l’espace scénique dans le cadre du projet l’Espace Dynamique de la Fondation Jean-Pierre-Perreault. Il en résulte une installation où le spectateur se déplace dans un lieu en constante transformation, et où se déroulent simultanément plusieurs actions chorégraphiques.

Entre 2000 et 2003, Danièle Desnoyers est professeure invitée au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal où elle signe deux œuvres pour grand ensemble : Vingt jours, 20 nuits (2000) et Les 10 cahiers (2002). Le répertoire du Carré des Lombes est par ailleurs repris occasionnellement par les institutions d’enseignement de la danse du Québec.

Jean-François Laporte
Jean-François Laporte aborde la musique par l’entremise de l’expérimentation concrète de la matière sonore, qu’elle jaillisse du quotidien, d’instruments de musique traditionnels ou inventés. Cette diversité des sources sonores l’a conduit à utiliser des langages musicaux multiples : instrumental, expérimental et électroacoustique. Depuis ses débuts comme musicien et créateur, Jean-François Laporte a composé une cinquantaine d’œuvres, pour instruments conventionnels ou inventés, qui ont été jouées à Montréal et ailleurs au Canada, en Europe, au Japon et aux États-Unis. Le Nouvel Ensemble moderne, l’Ensemble contemporain de Montréal, le quatuor de saxophone Quasar et le Trio Fibonacci figurent parmi les ensembles ayant interprété ses compositions.

Fin 2002, à l’occasion de la remise des prix Opus du Conseil québécois de la musique, Laporte recevait le prix Découverte de l’année, celui du Compositeur de l’année et, encore, celui de la Création de l’année pour Tribal, œuvre écrite pour orchestre d’instruments inventés.

Fondateur du groupe Totem contemporain, le jeune compositeur participe depuis 2001 à des spectacles chorégraphiques; avant le projet du Carré des Lombes, il a collaboré avec la chorégraphe japonaise Heidi S. Durning et l’Américaine Susan Buirge.

Avril 2005

Photos | Luc Senécal

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